Au théâtre du Roi

Publié le 30 Nov 2024
Journaliste, critique de cinéma, spécialiste du rock, mais aussi féru de littérature et essayiste, Laurent Dandrieu a publié plusieurs ouvrages sur des artistes du passé. Après Fra Angelico, Le Bernin et les « peintres de l’invisible », il nous offre un essai sur Molière : Le Roi et l’Arlequin.

  En quelques années, Laurent Dandrieu s’est imposé comme l’un des auteurs les plus intéressants qui soit, bâtissant une véritable œuvre qui possède sa cohérence et parvient à scintiller dans plusieurs directions. Parce qu’il est critique cinématographique à Valeurs actuelles, nous avons pris la mauvaise habitude de le cantonner au 7e art comme s’il s’agissait d’un simple arrondissement de grande ville. Il se trouve pourtant que Laurent Dandrieu est aussi un lecteur assidu, habitué à fréquenter les grands auteurs du passé comme les plus récents, toujours attentif à la qualité de la plume comme à la pensée ou à la cohérence d’un récit. Il s’est montré également un essayiste remarqué, et donc débattu, portant cette « intranquillité » qu’il avait perçue chez d’autres dans le camp de ses adversaires. 

Dans le bain de l’histoire

Catholique convaincu, et qui ne se cache pas de l’être, il s’est ainsi intéressé aux thèmes qui agitent l’Église aujourd’hui. On a oublié aussi qu’il était un très bon connaisseur du rock – hé oui ! – au point de donner naguère quelques articles sur ce sujet dans un hebdomadaire bien connu et de participer au Dictionnaire du rock dans la fameuse collection Bouquins, chez Robert Laffont. Il faudrait tout son talent pour évoquer également d’autres de ses ouvrages où l’essayiste chez lui se rencontre avec l’homme d’une profonde sensibilité qui perçoit cet invisible vers lequel nous porte sans cesse notre quête humaine. Pleinement homme de son temps – on l’a vu par le cinéma, le rock et les questions débattues – Laurent Dandrieu plonge aussi dans le bain de l’histoire pour que notre aujourd’hui en reçoive quelques éclats. Il a ciselé pour ce faire un certain nombre de bijoux comme La Compagnie des anges, qui offre une petite vie de Fra Angelico, Le Roi et l’Architecte qui révèle à nos yeux surpris Louis XIV et Le Bernin et, enfin, Les Peintres de l’invisible dont le titre dit (presque) tout. À cet ensemble (je serais l’éditeur, j’en ferais un coffret), il convient désormais d’ajouter Le Roi et l’Arlequin. Le Roi, c’est évidemment (encore) Louis XIV, c’est-à-dire le…

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Philippe Maxence

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