Le conflit israélo-iranien en phase terminale

Publié le 18 Juin 2025
conflit israël iran

Tirs iranien sur Tel-Aviv le 14 juin dernier.

  Dans la nuit du 12 au 13 juin, Israël lançait une offensive aérienne contre l’Iran. Parmi d’autres cibles, le centre nucléaire de Natanz était touché à plusieurs reprises. Au moins 78 personnes étaient tuées, dont une vingtaine de hauts responsables des forces armées.

Iran nuclear program map fr iran

Carte des principaux sites du programme nucléaire iranien, 2012. © Sémhur / Wikimedia Commons

La nuit suivante, les 13 et 14 juin, les forces iraniennes répliquaient par des tirs de missiles. Certes, en Israël, les dégâts sont moins significatifs qu’en Iran. Ils dépassent néanmoins de beaucoup ceux des attaques des Iraniens d’avril et octobre 2024. Une guerre ouverte commence entre les deux pays. Signe de leur inquiétude, les autorités israéliennes ont interdit la diffusion d’informations sur quatre des sites touchés par l’Iran. Avec plusieurs victimes, l’institut de recherches Weizmann, les installations pétrolières de Haïfa et des grandes villes, sait-on néanmoins, ont essuyé des coups significatifs. Pour Israël, l’offensive a pour objectif avoué de détruire les capacités nucléaires de son adversaire. Cependant, présenter la guerre comme seule solution n’est pas crédible. Si les Iraniens avaient repoussé la récente proposition américaine, en fait une mise en demeure, de nouvelles négociations étaient prévues. L’attaque israélienne les a condamnées.

Le rêve des Israëliens

De plus, on le voit, les Israéliens s’en prennent aussi aux infrastructures militaires, aux villes et aux sites pétroliers, faisant bondir le cours du brut. C’est une guerre totale qu’ils mènent contre l’Iran. Ils cachent mal leur rêve, voir le régime des mollahs s’effondrer sous la pression des Iraniens qui retourneraient contre lui la colère provoquée par les bombardements d’Israël. Certes, la moitié de la population déteste l’appareil religieux qui s’est emparé du pays. Mais l’autre moitié le soutient. De plus, si, à la différence des pays arabes, la grande majorité de la population est sans animosité à l’endroit des Israéliens, l’attaque d’Israël pourrait changer la donne. Stimulant le nationalisme des Iraniens, elle risque de provoquer l’union nationale. On a vu la force de ce nationalisme dans les années 80, pendant la guerre Irak-Iran. Or, comme s’il n’avait pas compris cela, le 16 juin, Israël Katz, le ministre de la Défense de l’État hébreu, déclarait que les habitants de Téhéran « allaient payer le prix » pour les frappes iraniennes contre des civils. Le même jour, sortant du sommet du G7, Donald Trump invitait les habitants…

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Alain Chevalérias

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