Sépulture 4/4 : Petite histoire des cimetières de l’Antiquité au XXIe siècle

Publié le 10 Nov 2022
cimetières

Dans la tradition chrétienne, tout au long de son histoire, le cimetière n’est pas le lieu du dernier adieu aux morts, mais le lieu d’attente de la vie éternelle. Dans l’Antiquité paléochrétienne, on y recherche la proximité des martyrs et l’espace en est sacré. En France, à partir du XIXe siècle, les cimetières se sécularisent et tombent sous l’autorité civile. Pour désigner le lieu où sont enterrés les morts, le christianisme a utilisé le mot « cimetière » (koimetérion en grec, coemeterium en latin), littéralement « le lieu du repos ». L’idée se retrouve dans les autres mots employés dans l’Antiquité chrétienne : dormitorium (l’endroit où l’on dort), accubitorium (l’endroit où l’on s’allonge). Ces divers noms indiquent que dans la foi chrétienne la mort n’est pas la fin de la vie mais un passage vers la vie éternelle, dans l’attente de la résurrection des morts. Saint Jean Chrysostome, au IVe siècle, disait des cimetières : « ceux qui y reposent ne sont pas morts, mais endormis ».  Les catacombes Dès l’origine, les chrétiens, comme les juifs, ont enseveli les morts et ne les ont pas incinérés. Dès l’origine aussi, les agonisants et les morts ont été entourés de la prière de l’Église. Sans évoquer l’histoire de la liturgie des défunts, on relèvera simplement que les litanies des saints font partie « des invocations récitées près de ceux qui vont mourir, et cela dès une époque très ancienne » (1). D’abord il n’y eut pas de cimetière chrétien proprement dit. Les chrétiens enterraient leurs morts aux côtés des païens, avec sur la tombe un symbole discret qui marquait leur appartenance à la religion chrétienne. En témoigne, sous la basilique du Vatican, la nécropole mise à jour au XXe siècle : « C’est dans cette nécropole que l’on déposa les restes de saint Pierre, puis ceux d’autres fidèles, au milieu ou à côté des mausolées de familles païennes. » (2). Saint Paul, lui aussi, a été enterré dans un cimetière païen sur la route de Rome à Ostie. Progressivement, les communautés chrétiennes se sont dotées de cimetières propres : les areae sepulturarum nostrarum, « les espaces pour nos sépultures » dont parle Tertullien. Comme les nécropoles antiques, pendant longtemps les cimetières chrétiens furent situés à l’écart des villes. Quand le terrain le permettait, à Rome et dans d’autres villes, les cimetières chrétiens pouvaient aussi être souterrains. Ce qu’on appellera plus tard les « catacombes », en référence à un des cimetières chrétiens de Rome, situé ad catacumbas,…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Yves Chiron

Ce contenu pourrait vous intéresser

ÉgliseLéon XIV

Léon XIV à Luanda : Le Christ nous appelle à la vraie liberté

Commentaire du Pape | Après le Cameroun, le pape Léon XIV s’est rendu en Angola et a célébré la messe à Luanda, sur l’Esplanade de Saurimo, le lundi 20 avril 2026. Dans son homélie, il a parlé de la force d’une foi authentique et non superstitieuse, qui libère les hommes de l’esclavage du péchés et du monde.

+

consistoire pape Léon xiv christ
À la uneCulturePhilosophie

André de Muralt, un aristotélicien et un thomiste dans notre temps

Figure discrète mais essentielle de l’école aristotélicienne et thomiste contemporaine, le philosophe suisse André de Muralt s’est éteint le 13 avril dernier, à l’âge de 94 ans. Se situant à rebours du déconstructivisme alors triomphant, il est demeuré relativement méconnu en France, bien que l’acuité et l’ampleur de ses analyses en métaphysique et en théorie de la connaissance en fassent un auteur incontournable pour quiconque entend sérieusement faire œuvre de philosophe.

+

andré de muralt
ÉgliseLiturgie

La pause liturgique : Offertoire Benedicite gentes (dimanches après Pâques)

Le texte de cet offertoire unit trois versets (8, 9 et 20) du beau psaume 65 (66 selon l’hébreu) qui est tout entier un chant de louange, une invitation universelle à célébrer le Créateur et le Rédempteur de son peuple. C’est un 2ᵉ mode, relativement long, très calme, très serein, qui court un peu le risque de la monotonie si on ne prend pas soin de mettre en valeur les quelques saillies mélodiques.

+

grégorien louis-marie vigne offertoire
À la uneÉglise

L’Italie a enfin son pèlerinage de Chartres

À la suite de Notre-Dame de Chrétienté, en France, et de Nuestra Señora de la Cristiandad, en Espagne, le pèlerinage Nostra Signora della Cristianità s’est élancé pour la première fois sur les chemins d’Italie du 25 au 27 avril. Les pèlerins, dont de nombreux étrangers, ont relié Rome à Subiaco, où se trouve la grotte de saint Benoît, le père du monachisme. 

+

Italie pèlerinage