Arménie (1/5) : Qui veut asphyxier l’Artsakh ?

Publié le 01 Sep 2023
Arménie : Qui veut asphyxier l’Artsakh ? Entretien Buisson

© Charles Noël

> DOSSIER « Quel avenir pour l’Arménie ? »
L’heure est grave pour l’Arménie. L’Artsakh, que lui dispute l’Azerbaïdjan, est sous blocus de ce voisin agressif. Un danger immédiat de famine se profile, avec comme conséquence probable le dépeçage du reste du pays. Entretien avec Jean-Christophe Buisson, Directeur adjoint au Figaro Magazine et spécialiste de l’Arménie.

 

| Quelle est la situation géopolitique de l’Arménie à l’heure actuelle ?

La catastrophe que vit l’Arménie aujourd’hui est liée à une région : l’Artsakh. Cette région a une identité arménienne qui date d’avant la christianisation. L’Arménie s’étendait au Moyen Âge de la mer Méditerranée à la mer Caspienne, mais elle s’est amenuisée au fil des conquêtes et des invasions (perse, arabe, mongole, turque, etc.) jusqu’au XXe siècle. Le génocide arménien de 1915 a fixé ce peuple autour d’Erevan, surtout après le traité de paix de Lausanne de 1923 qui, en revenant sur le traité de Sèvres, a amputé de terres historiques la jeune Arménie indépendante au profit de la Turquie kémaliste.

Pendant la révolution russe, Staline a décidé de dessiner une peau de léopard avec les territoires du Caucase du Sud intégrés à l’URSS, afin d’étouffer tout sentiment national. Ainsi de l’Artsakh arménien, artificiellement rattaché à l’Azerbaïdjan. En 1991, lors de l’effondrement de l’URSS, les républiques, et au sein des républiques les régions autonomes, ont déclaré leur indépendance : l’Artsakh a déclaré son indépendance vis-à-vis de l’Azerbaïdjan avec la perspective de se rattacher à l’Arménie. Indépendance qui lui fut refusée et qui mena à une guerre de 1992 à 1994, gagnée par l’Arménie qui récupéra quelques territoires.

Mais en 2020, l’Azerbaïdjan, appuyé par des cadres de l’armée turque, a déclenché un nouveau conflit pour récupérer ces territoires ainsi que l’Artsakh. Au bout de 44 jours, le 9 novembre, Poutine est intervenu et a ordonné un cessez-le-feu, avec la mise en place du corridor de Latchin qui devait permettre de faire passer 90 % des biens de première nécessité à l’Artsakh. Mais depuis le 12 décembre 2022, ce corridor est bloqué par l’armée azerbaïdjanaise. Les Russes ne peuvent plus y circuler, ni même la Croix rouge. L’Artsakh est coupé du reste du monde.

| Quelles sont les conditions de vie des Arméniens qui y…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

Ce contenu pourrait vous intéresser

International

La Chine et les États-Unis entre guerre et paix

Jeudi 24 septembre, le président de la Chine Xi Jinping et la première dame Peng Liyuan étaient accueillis en grande pompe par Donald Trump à la Maison Blanche. Ils y ont traité de tarifs douaniers favorables, de paix armée, de l’Ukraine, de l’Iran et de Taiwan.

+

chine Etats-unis paix
ÉgliseChrétiens dans le mondeHistoire

Kateri Tekakwitha et la Nouvelle-France (2/4) : Sainte Kateri, le Lys des Mohawks

DOSSIER « Sainte Kateri Tekakwitha, la sainteté en Nouvelle-France » | Née en 1656 et morte en 1680 à l’âge de 24 ans, Kateri Tekakwitha est la première autochtone d’Amérique du Nord à avoir été canonisée. En apostolat au Canada, l’abbé Jacques Breton, de la Fraternité Saint-Pierre, souligne combien cette pure figure rappelle la haute vocation de la France dans l’ordre de la Providence.

+

Kateri Tekakwitha