78e session de l’Assemblée générale des Nations unies : les institutions restent paralysées

Publié le 05 Oct 2023
78e session des nations unies Arménie

António Guterres, secrétaire général des Nations unies, souhaite réformer l'institution.

Du 19 au 26 septembre, se déroulait la 78e session de l’Assemblée générale des Nations unies. Il convient de rappeler que le Conseil de sécurité, dominé par cinq membres permanents, constitue le pouvoir exécutif des Nations unies. L’Assemblée générale n’a qu’un rôle consultatif qui en fait un lieu de débats où s’expriment de manière plus ou moins courtoise les conflits entre États ou groupes d’États. La 78e session s’était donné pour mission de « Rétablir la confiance et raviver la solidarité mondiale ». Elle prétendait mettre en avant des objectifs « de développement durable en faveur de la paix, de la prospérité, du progrès et de la durabilité pour tout le monde ». En fait de solidarité, de paix et de prospérité, on a surtout assisté à la division du monde en deux autour des enjeux du conflit ukrainien.  

Préserver ses intérêts

D’un côté l’Occident, de l’autre la Russie qui tente de rassembler dans son donjon des États aux intérêts disparates, sinon divergents, mais tous soucieux de préserver leurs intérêts. Encore faut-il faire la distinction entre les gouvernements sans autre volonté que celle de survivre, en général les pays les plus pauvres, et ceux qu’animent des ambitions expansionnistes ou une vision stratégique, comme l’Iran ou la Chine. Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe, a profité de son temps de parole pour attaquer le camp occidental. « L’Occident est l’empire du mensonge », a-t-il asséné. Parce qu’à Moscou, la vérité serait de rigueur ! Puis il a ajouté : « Les Américains, les Britanniques et d’autres se battent [en Ukraine] en fournissant tout d’abord de plus en plus d’armes ». Certes, mais Lavrov a-t-il oublié les livraisons d’équipements militaires de Chine et de la défunte Union soviétique au Vietnam ? Cherchant à faire sortir les débats de l’affrontement russo-ukrainien, les pays pauvres ont mis en avant leur principale préoccupation : les subsides des États les plus riches pour financer leur développement. Parlant pour eux, la secrétaire générale adjointe des Nations unies et ancienne ministre au Nigeria, Amina Mohammed, a lancé : « Le Sud global attend une concrétisation des objectifs de développement durable (…) les promesses de 100 milliards de dollars par an pour le climat ne se sont pas concrétisées. » Sans doute ! Mais la corruption dissuade beaucoup de donateurs. Finalement, personne n’est sorti vainqueur de cette rencontre internationale aux allures de happening politique. Personne sauf…

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Alain Chevalérias

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