François Ier et l’art des Pays-Bas

Publié le 07 Nov 2017
François Ier et l’art des Pays-Bas L'Homme Nouveau

C’est une petite révolution dans le monde de l’art, une superbe exposition au Louvre présente le grand intérêt du roi François Ier pour les artistes des écoles du nord de l’Europe. Jusqu’ici, on associait toujours ce roi à la Renaissance italienne non sans raison, mais on sait aussi aujourd’hui qu’il acheta de nombreuses œuvres flamandes et contribua à la venue de ces artistes en France.

Les magnifiques portraits peints par Jean Clouet (1480-1541), d’origine flamande mais mort à Paris, sont ici rassemblés (à deux exceptions près). Et c’est une occasion unique de les admirer car selon Cécile Scailliérez, commissaire de l’exposition « seule une dizaine de panneaux ainsi que quelques dessins préparatoires sont attestés de la main de l’artiste ». Il y a bien sûr le grand portrait de François Ier du Louvre, présent dans tous les livres d’histoire, mais aussi celui de Claude de Lorraine, duc de Guise, conservé à Florence, de taille plus modeste et d’un raffinement remarquable. Un dessin de femme à la pierre noire légèrement rehaussé de sanguine, montre la délicatesse de son trait qui saisit le modèle en l’esquissant. Des tableaux du génial portraitiste Corneille de La Haye dit Corneille de Lyon (v.1510-1575) sont aussi donner à voir (Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes ; L’homme en noir…). 

La plupart de ces artistes provenant d’Anvers, Bruxelles, Leyde ou Haarlem… sont tombés dans l’oubli. Pourtant ils ont travaillé à Paris mais aussi en Normandie, en Picardie, en Champagne ou en Bourgogne et essentiellement dans le domaine de productions religieuses, en s’illustrant à travers diverses techniques : l’enluminure, la peinture, la tapisserie, le vitrail et la sculpture…

Parmi ces splendeurs redécouvertes et restaurées récemment avec le soutien de la sauvegarde de l’art français, on s’émerveille devant des œuvres de Noël Bellemare (Anvers ? v. 1495-Paris 1546). Ainsi, une bouleversante Déploration du Christ (v. 1525), panneau provenant vraisemblablement d’un retable, peint dans un style proche de celui de l’église Saint-Gervais de Paris, a retrouvé sa subtile coloration, magnifiant les mouvements douloureux des personnages.

À ne pas manquer !

Jusqu’au 15 janvier 2018. Musée du Louvre. Tél. 01 40 20 53 17.

Ouvert tous les jours, sauf le mardi, de 9 h à 18 h. Nocturnes les mercredi et vendredi jusqu’à 21h45.

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