Racine (5/8) : Mettre en scène Racine aujourd’hui

Publié le 08 Août 2024
racine

Mise en scène de Phèdre. © Tommaso Le Pera, CC BY-SA 4.0

Cet été : Jean Racine, un dramaturge chrétien

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Tellement actuel, Racine ! Jouissant déjà des « plus beaux vers de la langue française », le spectateur du XXI siècle saisit la délicate réalité humaine, pleine d’ambiguïtés et de contradictions, emplie de cette imperfection terrestre voulue par Dieu, pour mieux tendre vers Lui : le plus grand défi pour un metteur en scène.

  Douze pièces nous sont restées de Racine. Sur ces 12 pièces il y a une comédie, Les Plaideurs, qui est d’ailleurs davantage une pantalonnade qu’une comédie dans laquelle notre grand homme se moque avec une certaine verve des milieux judiciaires. La pièce est loin d’être un chef-d’œuvre et ne vaut pas les comédies réussies de Corneille comme Le Menteur ou La Place royale. La mettre en scène aujourd’hui demande donc beaucoup de fantaisie et un sens maîtrisé du risque et de l’innovation. C’est ce qu’ont fait par exemple Jean-Claude Sachot et, plus récemment, Thomas Le Douarec qui n’ont pas hésité, sans changer un mot, à exagérer les traits, forcer les situations, s’amuser, et donc nous amuser, avec l’œuvre. Transformée ainsi en farce où ce joli monde des juges et des avocats en prenaient pour leur grade, la petite comédie un peu longuette et approximative, a retrouvé une véritable modernité.  Et puis, il y a les 11 autres tragédies avec lesquelles il est, là, interdit de « faire joujou ». Non pas qu’elles soient toutes des chefs-d’œuvre, mais elles sont toutes passionnantes ; et même les deux premières, des œuvres de jeunesse donc, La Thébaïde et Alexandre le Grand, qui sont malheureusement peu souvent mises en scène, mais qui sont pleines de trésors. Sur les neuf autres tragédies qui restent, il y a quatre chefs-d’œuvre absolus : Andromaque, Bérénice, Britannicus, Phèdre. Deux très grandes pièces avec de tout petits défauts : Bajazet et Iphigénie. Une œuvre un peu bavarde et qu’il est impossible de jouer en l’état, sans coupes, à moins de vouloir ennuyer les spectateurs : Mithridate. Et enfin, deux tragédies bibliques, les deux dernières, qui tiennent davantage de l’oratorio que du théâtre pur, mais qui contiennent…

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Jean-Luc Jeener 

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