De Fabien Mandon à Boualem Sansal et Christophe Gleizes

Publié le 26 Nov 2025
Fabien mandon boualem sansal

Le 12 novembre, Boualem Sansal, gracié par le président algérien Abdelmadjid Tebboune, débarquait à Berlin. Le 18 novembre, le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées (Cema), essuyait un assaut polémique pour des propos tenus devant le congrès des maires de France. À première vue, ces deux événements semblent sans relation. En réalité, tous les deux sont révélateurs de notre manque de détermination face aux risques venant de l’étranger. Que l’on apprécie d’abord la manière de rapporter l’information de certains de nos confrères ! La plupart des titres de la presse traduisaient par des mots sans nuances les propos du général Mandon : la France, lui faisait-on assumer, « doit accepter de perdre ses enfants ». En fait, il a dit : « Si notre pays flanche parce qu’il n’est pas prêt à accepter de perdre ses enfants, parce qu’il faut dire les choses, de souffrir économiquement parce que les priorités iront à la production de défense […] alors on est en risque ». Tout juste pensons-nous qu’il aurait pu dire « perdre des enfants » et non « ses enfants ». Encore, la citation complète est-elle moins abrupte qu’elle ne paraît dans les termes rapportés en haut de page des médias. Reste qu’en d’autres temps, tombant de la bouche d’un chef d’état-major, elle n’aurait pas suscité le moindre commentaire.  Pourtant, aujourd’hui, même Philippe de Villiers, dont on connaît les accents d’habitude engagés et dont le frère cadet a occupé le poste de Cema, a osé déclarer sur CNews : « Les propos de Fabien Mandon sont une honte. »

Se servir de nos armes

Or, et c’est là notre principale faiblesse en tant que pays, les cris d’orfraie poussés par certains leaders politiques, à l’idée de perdre des « enfants » au combat, sont perçus à l’étranger comme autant de signes de notre manque de détermination. Qu’on se le dise : si, pour se défendre, il faut avoir des armes, on doit aussi être décidé à s’en servir et ainsi décourager un potentiel ennemi de nous attaquer. Certes la guerre n’est jamais souhaitable. Elle n’est pas non plus le meilleur moyen de régler un différend. Cependant, il existe des hommes qui ne sont dissuadés que par la force, pire qui ne rendent les armes que devant elle. Hitler en était. Comme Staline. Ils ne sont pas les seuls. « Si vis pacem, para bellum », dit…

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Alain Chevalérias

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