Attaque du Hamas : la stratégie du chaos

Publié le 26 Oct 2023
hamas israël
Épicentre de conflits politico-religieux depuis toujours, le Proche-Orient est reparti dans une spirale de le violence menée par le Hamas le 7 octobre. Quels sont les buts de cette organisation alors que, depuis les Accords d’Abraham de 2020, certaines négociations discrètes semblaient aller dans le bon sens ? Explications de Roger Brands, entrepreneur et ancien diplomate.

  L’attaque du Hamas, le 7 octobre dernier, a marqué une nouvelle étape dans le conflit israélo-palestinien. Dans quel contexte géopolitique a éclaté ce nouvel affrontement ? En premier lieu, il faut intégrer que la lutte entre Israël et Palestine n’est pas un « simple » affrontement entre deux parties. Elle implique de nombreux autres protagonistes et a fait l’objet de résolutions internationales (Onu). Sans jugement de valeur, si ce conflit ne concernait strictement que ces deux parties, on peut penser qu’il aurait été réglé depuis bien longtemps car les affrontements, de nature militaire, qui se sont succédé depuis la création de l’État d’Israël, se sont invariablement soldés par les défaites des coalitions arabes. Par ailleurs, la tentation d’appréhender la situation actuelle à la stricte échelle de nos vies semble irrépressible. Pourtant, volens nolens, l’histoire régionale présente des siècles d’affrontements militaires, géopolitiques (Perse, Empire romain, Empire ottoman, puissances européennes etc.) et religieux, à côté desquels il faut se défier de passer pour qui veut comprendre la situation actuelle. Le contexte géopolitique dans lequel est survenue l’attaque terroriste portée par le Hamas le 7 octobre dernier est celui d’un monde dans lequel les grands « équilibres » post chute du régime soviétique sont rebattus. Le Syrie voisine est économiquement à bout de souffle. Le Hezbollah libanais est plus puissant qu’il ne l’a jamais été. En Afrique subsaharienne comme en Irak, en Syrie et dans d’autres pays, il y a de vastes territoires aux mains de l’État islamique et de ses inféodés proches du Hamas. Les États-Unis d’Amérique ont quitté –perdants – l’Afghanistan, soutiennent vivement l’Ukraine dans un conflit indirect avec la Russie qui semble s’éterniser, et se trouvent plus que jamais en guerre économique avec la Chine. De son côté, l’Europe institutionnelle, devenue au cours de ces vingt dernières années une annexe des États-Unis, n’est jamais parvenue à s’imposer, et la France en est devenue aphone. Quant à la Russie, son autonomie énergétique, ses postures diplomatiques uniques et son envergure territoriale semblent lui conférer une puissance pérenne malgré les prédictions et prédications du patron de…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Maitena Urbistondoy

Maitena Urbistondoy

Ce contenu pourrait vous intéresser

ChroniquesInternational

La guerre : quand le droit empêche de voir la justice

C’est logique ! de François-Marie Portes | Un texto, une phrase peuvent parfois déclencher des montagnes de commentaires. Celui de Donald Trump concernant la paix a fait couler beaucoup d'encre. Il a surtout rappelé que la paix ne repose que sur la volonté de quelques dirigeants, et la fragilité d'un « droit international » qui ne repose, lui, sur rien. La paix et la justice doivent bien être les seules fins poursuivies.

+

guerre paix justice
International

L’Iran, plaque sismique politique

Depuis le 28 décembre 2025, le mouvement contestataire iranien ne fait que s’étendre et s’amplifier dans tout le pays, avec le soutien de Reza Pahlavi, fils du shah. De son côté, Washington se dit prêt à intervenir.

+

iran
International

2026 : vers un renversement des alliances ?

En ce début de 2026, allons-nous vers une reconfiguration des alliances et des sphères d’influence ? La question se pose quand on voit les États-Unis de Donald Trump engager une forme de rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine et quand le même Trump prend ses distances en matière de soutien militaire à l’Europe.

+

alliance trump poutine