La Transfiguration de Jésus, image de la nôtre

Publié le 13 Mar 2019
La Transfiguration de Jésus, image de la nôtre L'Homme Nouveau

En ce dimanche, la liturgie nous emmène sur la montagne où Jésus fut transfiguré devant Pierre, Jacques et Jean : « Son visage resplendit comme le soleil et ses vêtements devinrent blancs comme la neige » (Mt 17, 2 ; cf. Lc 9, 29). 

Dimanche dernier, l’évangile de la messe nous rappelait les quarante jours de jeûne de Jésus au désert et sa victoire sur le tentateur (Mt 4, 1-11 et Lc 4, 1-13). Comme Moïse avant de recevoir les tables de la Loi (cf. Ex 34, 28), et Élie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb (cf. 1 R 19, 8), Jésus se prépare par le jeûne et la prière à sa mission, où Il sera souvent confronté au démon.

Une semaine après, nous voyons donc déjà Jésus revêtu de gloire, entouré d’Élie et de Moïse. Le récit de cet évènement « lumineux » ne suit pas la chronologie des faits. Pour autant, son rappel s’inscrit bien dans la perspective de Pâques : « Après avoir prédit sa propre mort à ses disciples, [Jésus] leur manifesta sa splendeur sur la montagne sainte afin qu’il apparaisse clairement, avec le témoignage de la Loi et des prophètes, que c’est après avoir souffert sa Passion qu’Il parviendrait à la gloire de la Résurrection » (Missel romain [1970-2002], préface, trad. privée). 

Saint Léon le Grand (= 461) donne une autre raison : « Sans doute cette transfiguration a surtout pour but d’ôter du cœur des disciples le scandale de la Croix. Ainsi l’humilité de la Passion volontairement subie ne doit pas troubler la foi de ceux à qui est révélée l’éminence de sa dignité cachée » (Sermon 51). Il ajoute que Jésus « n’avait pas moins en vue de fonder l’espérance de la Sainte Église, en sorte que le corps tout entier du Christ ayant connu quelle transformation lui était réservée, chacun des membres pût se promettre de partager la gloire dont le chef aurait brillé par avance » (ibidem).

Saint Paul fait le lien avec notre propre corps : Jésus « transformera nos pauvres corps à l’image de son Corps glorieux » (Ph 3, 21 ; forme ord., 2e lect.). Avant notre propre transfiguration, nous aurons déjà Pâques, où « toute l’Église se réjouit de la rémission des péchés. (…) Tous doivent faire effort pour qu’au jour de la rédemption personne ne demeure dans les vices de sa vie ancienne. (…) C’est ainsi que nous accomplirons le jeûne de quarante jours institué par les Apôtres ; nous ne nous contenterons pas de réduire notre nourriture, mais nous nous abstiendrons absolument du péché » (saint Léon, sermon 31).

Nombreuses sont les oraisons du temps de Carême où il est question de la valeur purificatrice du jeûne et l’antique préface romaine en résume ainsi les effets : contenir les vices, élever l’âme et accorder force et récompense. D’autre part, Benoît?XVI rappelle que « se priver de nourriture matérielle qui alimente le corps facilite la disposition intérieure à l’écoute du Christ et à se nourrir de sa parole de salut » (Message pour le Carême 2009). Le jeûne doit nous faciliter la prière mais serait incomplet sans l’ouverture aux autres qu’est l’aumône (cf. Mt 6, 1-18) ; telles sont les trois œuvres traditionnelles de ce saint temps. « Le jeûne est l’âme de la prière, la miséricorde est la vie du jeûne », écrivait saint Pierre Chrysologue (= 450).

« Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis toutes mes complaisances » (Mt 17, 5 et Lc 9, 35). Saint Léon développe ainsi la pensée du Père : « Celui-ci dont la prédication me fait connaître aux hommes, dont l’humilité me glorifie, écoutez-le sans délai, car lui-même est la vérité et la vie, lui-même est ma vertu et ma sagesse » (Sermon 51).

Pour lire les textes des homélies de saint Léon pour la Transfiguration, cliquer ici.

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