Les vrais chiffres de la répression franquiste

Publié le 23 Mar 2025
guerre d'Espagne espagnol franquiste

Prisonniers républicains détenus dans le château de Montjuïc à la fin de la Guerre d'Espagne.

Une nouvelle étude sur la guerre d’Espagne continue de remettre l’Histoire à l’endroit, contre les approximations idéologiques des récents gouvernements espagnols. Après Pío Moa, Miguel Platón poursuit cette œuvre de salubrité intellectuelle à propos des exécutions du régime franquiste.

  Le temps passant, la guerre d’Espagne profite aujourd’hui des recherches d’historiens indépendants, soucieux de faire la lumière sur un des événements les plus traumatiques du XXe siècle. Paradoxalement, ce travail historique entre en collision avec la récupération idéologique mise en œuvre par les gouvernements socialistes espagnols plus de quatre-vingts ans après la fin de ce conflit meurtrier. C’est dans ce cadre que les éditions de l’Artilleur ont publié en 2022 Les Mythes de la guerre d’Espagne, écrit par Pío Moa, à l’origine ardent anti-franquiste, et jetant une lumière crue sur la violence du camp républicain. C’est chez le même éditeur que vient de paraître La Répression dans l’Espagne de Franco, 1939-1975, due au travail du journaliste et historien espagnol Miguel Platón.

Les chiffres réels

La perspective est, ici, un peu différente. Il s’agit moins pour l’auteur d’étudier le déroulement de la guerre d’Espagne que ses suites, jusqu’à la mort de Franco en 1975. Il le fait à travers un angle particulièrement révélateur : le nombre de condamnations à mort et le nombre d’exécutions réelles. Il permet de déterminer ainsi par les faits et les chiffres si Franco et son camp ont exercé une vengeance impitoyable ou si, au contraire, ils ont opté pour un régime de clémence, à l’égard des adversaires d’hier. Dans cette perspective, Miguel Platón est le premier historien à avoir, pendant plus de cinq ans, étudié en détail tous les dossiers des condamnés à mort, remis à Franco pour qu’il décide en dernier lieu de leur sort. L’auteur prend soin de présenter les différentes directives juridiques prises par les nationaux et leur légitimité au regard du droit. Il détaille aussi nombre de cas concrets, faisant de son livre non pas un ouvrage froid de sentences, mais l’exposé d’un drame humain à grande échelle. Il n’embellit pas non plus l’Histoire. Ainsi Franco avait affirmé à maintes reprises que « celui qui n’a pas de sang sur les mains n’a rien à craindre de la justice » mais, dans les faits, « des dizaines de milliers de personnes qui n’avaient pas commis de « crime de sang » ont été condamnées à de longues années de prison ». Pour…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Stéphen Vallet

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureLectures

La Mecque, ville fondatrice ou ville usurpatrice ?

Dans son ouvrage Le Grand Secret de l’Islam, Odon Lafontaine analysait la construction progressive de cette religion. Ses dernières recherches, exposées avec pédagogie dans le recueil La Mecque, ville imaginaire, portent sur les origines historiques de la ville présentée comme le berceau du Prophète. Le sous-titre « Comment les califes ont inventé l’islam » en dit long sur le développement tardif de ce courant.

+

la Mecque ville imaginaire islam
À la uneCultureArt et Patrimoine

Raphaël Toussaint : 60 ans de regards sur la Vendée 

Cela fait plus de 60 ans que Raphaël Toussaint, surnommé le « Peintre de la Vendée », représente les paysages et les scènes de son pays. À cette occasion, une quarantaine de ses œuvres sont dévoilées dans une exposition rétrospective au Logis de la Chabotterie (Vendée) en dialogue avec quelques-unes de René Robin, son mentor et beau-père. 

+

chabotterie Raphaël Toussaint peintre de la Vendée
CultureArt et Patrimoine

L’exposition : Artistes au Muséum

À l’occasion des 400 ans de sa création, le Muséum national d’Histoire naturelle donne à voir ses collections artistiques dans une exposition intitulée « Artistes au Muséum ». Depuis les explorations scientifiques jusqu'aux artistes contemporains, on y découvre les liens étroits entre art et sciences.

+

exposition museum nature
SociétéLectures

Comment je suis devenu petit !

Carte blanche à Yves Chiron | Anthony Aubé a 42 ans et mesure 1,15 m. Il est atteint d’une pathologie désormais bien identifiée : la DSEC (dysplasie spondylo-épiphysaire congénitale), une des formes de ce que l’on appelait jadis le « nanisme ». Dans Comment je suis devenu petit !, il s’exprime sur ses difficultés de santé, ses défis scolaires et professionnels mais aussi sur le droit à la vie.

+

Anthony Aubé nain petit livre