L’exposition | Raphaël à Chantilly : le maître et ses élèves

Publié le 29 Mai 2020
L'exposition | Raphaël à Chantilly : le maître et ses élèves L'Homme Nouveau

Il y a 500 ans, le peintre Raphaël (1483-1520) mourait. Pour commémorer cet anniversaire, le musée de Condé à Chantilly présente des dessins du maître entourés de réalisations de ses élèves ou de ses suiveurs.

Trois tableaux de cet artiste sont conservés en ce musée. Le visiteur est, bien sûr, appelé à aller les contempler dans le cadre de cette exposition. Les Trois Grâces, petite huile d’une composition parfaite est une œuvre de jeunesse (1503-1504). Elle peut surprendre quand on regarde avec attention ces corps dénudés. Ce sont en effet des modèles masculins qui ont été féminisés, les muscles des mollets en témoignent. À l’époque, il n’était pas permis de peindre des modèles féminins nus. La Madone de la Maison d’Orléans, exécutée dans les années 1506-1507, après la période florentine de Raphaël, présente une douce Vierge pleine d’humilité dans un lieu très modeste. Cette œuvre, appartenant à la famille du Duc d’Aumale, avait été confisquée pendant la Révolution. Dès qu’il le put, ce dernier la racheta. La Madone de Lorette, considérée comme une copie au XIXe siècle, fut authentifiée de la main du maître lors d’une restauration dans les années 1970. À l’origine, elle avait été peinte pour l’église Santa Maria Del Popolo à Rome. La Vierge, aux mouvements gracieux, joue avec l’Enfant lui présentant un voile transparent qu’il tente d’attraper de ses bras potelés. Cette étoffe transparente pourrait évoquer le linceul du Christ.

Des dessins, que l’on découvre dans le parcours de l’exposition, dévoilent le travail de recherches plastiques autour de ce bébé. On observe en effet comment Raphaël élaborait ses peintures à partir d’esquisses qui semblent être prises sur le vif mais qu’il reprenait en les perfectionnant. Ces superbes études ont été prêtées par le musée de Beaux-Arts de Lille. Sont aussi montrés des cartons préparés en vue de réalisations de fresque, et d’autres remarquables œuvres graphiques…

Ce beau parcours, ayant été fermé à cause de l’épidémie du coronavirus, sera prolongé jusqu’à la fin du mois d’août.

Domaine de Chantilly, Cabinet d’arts graphiques et Galerie de Psyché, 7 rue Connétable Château, 60500 Chantilly. Tél. : 03 44 27 31 80 – http://domainedechantilly.com/fr/

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (5/8) : Un roi au service du bien commun

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Saint Louis aurait pu être un homme pieux mais médiocre souverain, un excellent chef doublé d’un triste mécréant. Il ne fut ni l’un ni l’autre. En travaillant à l’héroïcité de ses vertus, il a magnifié ses dispositions profanes, transcendant ses qualités de dirigeant. Entretien avec François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d'État (Via Romana).

+

saint louis bien commun justice chef
À la uneCultureArt et Patrimoine

Une petite-fille de Velázquez ?

Analyse d’œuvre | L'exposition en cours au musée Jacquemart-André propose au public des chefs-d’œuvre de la peinture baroque espagnole, parmi lesquels un portrait d'enfant dans un style qui tranche avec les ceux qui rendirent si célèbre Velázquez, le maître du Siglo de Oro, auprès des cours européennes.

+

Velázquez
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (4/8) : Blanche & Marguerite, deux reines au chevet du royaume

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Dans l'ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s'imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l'équilibre singulier d'une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.

+

saint louis blanche de castille marguerite de Provence