L’islam peut-il réellement se réformer ?

Publié le 12 Juil 2023
islam

Islamologue de renommée internationale, Marie-Thérèse Urvoy a longtemps vécu en milieu arabe et a fait de l’étude de l’islam son métier. Elle porte un regard perçant tant sur le Coran lui-même que sur la religion islamique montrant que toute réforme est impossible tant que pour les musulmans le Coran reste la « dictée » de la parole de Dieu.   Vous avez enseigné pendant de longues années l’islamologie, l’histoire et la pensée arabe ainsi que l’arabe classique à l’Université. Qu’est-ce qui caractérise exactement l’islamologie ? Historiquement, la montée en puissance de l’Occident et son affrontement à des civilisations différentes a conduit à l’apparition d’une discipline intellectuelle : l’orientalisme. Au sein de celui-ci, on a distingué les domaines (notamment arabe, persan et turc) où l’obédience islamique est majoritaire. Dans ces domaines une branche a tendu à se distinguer à la fois des études linguistiques et littéraires et des recherches historiques. Pour marquer sa spécificité on a été naturellement poussé à privilégier l’aspect religieux. Par ailleurs, les contacts avec les populations, notamment par le biais de la colonisation, et les prolongements affectifs que cela appelait ont conduit à privilégier le substrat humain. Le fait d’être née à Damas et d’avoir obtenu le double baccalauréat français et syrien a-t-il été déterminant dans la naissance de votre vocation ? Naître dans une ville ne détermine pas une vie. Notre seconde fille est née aussi à Damas où mon époux était en poste, mais ne s’occupe pas des mêmes sujets que nous. Un des fils Urvoy est né à Bamako parce que mon beau-père Yves Urvoy y était en poste comme officier détaché, tout comme mon père au Liban. Le natif de Bamako n’a pas été un illustre africaniste comme son père. J’ai commencé par des études de lettres classiques et c’est après mon mariage que j’ai enchaîné avec les études à l’Institut des Lettres Orientales de l’Université jésuite à Beyrouth. En revanche, il est clair que d’avoir longtemps vécu en Syrie-Liban procure une expérience de terrain très utile dans mes recherches intellectuelles, à condition que l’on y consente un investissement soli­de en étude et formation. Mon époux a appris l’arabe à 25 ans pour faire ce qu’il a fait. Et moi-même avais appris le wolof pour communiquer dans le cadre de mon bénévolat pour alphabétiser les jeunes femmes sénégalaises. Est-ce que l’approche philologique peut avoir une place importante dans votre approche du Coran ? À quel…

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Propos recueillis par Pierre Louis

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