Pauvre Charlotte…

Pauvre Charlotte… L'Homme Nouveau

Charlotte Corday n’est pas une inconnue. Elle est cette héroïne de la période révolutionnaire qui assassina le journaliste Jean-Paul Marat le 13 juillet 1793. L’affaire Charlie en janvier dernier nous a rappelé son souvenir.

M’intéressant depuis longtemps à ce personnage, je m’empressai de lire l’article de Michel Onfray dans Le Point du 23 juillet 2015. Charlotte Corday avait perdu la foi. Elle avait embrassé la cause révolutionnaire. Elle avait tué. J’étais curieux de savoir comment le philosophe Michel Onfray interpréterait ce cas.

Eh bien ! je fus déçu. D’abord, il omet certaines précisions qui permettraient de la mieux situer. Ensuite la question religieuse ne l’intéresse pas. Il n’en parle pas.

Certaines précisions. Michel Onfray peut penser que l’hérédité ne compte pas. Il eut cependant bien fait de rappeler que Charlotte appartenait à une très ancienne famille normande et surtout qu’elle descendait de Pierre Corneille. Rien moins. Certains auteurs rattachent les Corday d’Armont aux Vikings. L’auteur du Cid et les Vikings, cela compte. Il ne fallait pas non plus omettre le nom du défenseur de Charlotte devant le Tribunal révolutionnaire : il s’agissait de Chauveau-Lagarde, un avocat de grand talent et d’un grand courage qui défendra plus tard la Reine et Madame Elisabeth. Il « plaida à charge » écrit Onfray. Ce n’est pas tout à fait vrai. À la satisfaction de l’accusée il plaida son désintéressement et la force de ses convictions politiques les nommant « fanatisme » comme il était de règle.

Une mort vaine

Michel Onfray oublie, et cela est plus regrettable, que Charlotte est une convertie. En 1788, après sept années de pensionnat chez les bénédictines de la Trinité, elle a 20 ans et embrasse avec enthousiasme la cause des Réformes et de la Révolution. Pratique-t-elle encore ? Lors de son séjour parisien, avant et après l’assassinat, dans ses écrits, dans ses lettres, à aucun moment elle ne se tourne vers Dieu. Michel Onfray dit bien qu’elle offre sa vie à ses compatriotes. Il cite le fameux texte : « Je veux que mon dernier soupir soit utile à mes concitoyens, que ma tête, portée dans Paris, soit un signe de ralliement pour tous les amis des lois ». En fait, elle s’est trompée. « Pauvre Charlotte », écrit Onfray. Elle crut que son geste arrêterait la folie meurtrière des Montagnards. Il…

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