Racine (6/8) : Esther et Athalie, tragédies juives, œuvres chrétiennes

Publié le 09 Août 2024
racine Esther athalie tragédie

Racine fait répéter Esther à Saint-Cyr, par Pingret Edouard Henri Théophile (1788-1875). © GrandPalaisRmn / Michèle Bellot

Cet été : Jean Racine, un dramaturge chrétien

Cet été, L’Homme Nouveau vous propose une sélection d’articles issus de son hors-série n° 56 consacré au dramaturge Jean Racine. Pour bénéficier de tous les articles de ce hors-série, commandez-le sur notre boutique en ligne. 👉🏻 Dossier thématique « Racine, un dramaturge chrétien »

   

Pour distraire et édifier ses élèves de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr, Mme de Maintenon commanda à Jean Racine deux pièces au thème sacré. Loin d’être de seuls appendices au théâtre de celui qui occupe désormais un statut plus officiel auprès du Roi, Esther et Athalie dévoilent aussi un peu de la foi intime de l’auteur.

  Raccommodé depuis Phèdre avec ses maîtres de Port-Royal, élu à l’Académie, fort honorablement marié, nommé avec son ami Boileau historiographe du roi, comblé d’enfants, vivant dans une belle aisance, estimé du roi (qui l’anoblira en 1690), Racine conduisait à merveille sa « carrière ». Bon courtisan, s’il ne créait plus de tragédies pour la scène, il composait des œuvrettes pour la Cour et Mme de Maintenon. La maison de Saint-Cyr, qu’elle avait fondée en 1686, accueillait de pauvres et nobles orphelines qui, destinées à se marier, n’avaient pas à être privées de divertissements.

Lanavere Esther Maintenon racine

La marquise de Maintenon (1635-1719) apprécia les œuvres du dramaturge, ici par Pierre Mignard.

Racine reçut commande d’une pièce, choisit le pieux sujet d’Esther, y travailla discrètement durant plusieurs mois, veilla aux répétitions, et l’œuvre fut créée à Saint-Cyr, avec décors (un par acte), costumes et musique (de Moreau, maître de chapelle de la maison), le 26 janvier 1689 ; ce fut un événement très mondain, que narre une amusante lettre de Mme de Sévigné, et pour Racine un vif succès. Suivit la commande d’une pièce plus ambitieuse, en cinq actes et non plus en trois, qui fut très appréciée mais qu’on joua le 5 janvier 1691 sans décors ni costumes : les dévots, ainsi l’évêque de Chartres, que Mme de Maintenon avait suivis, s’étaient alarmés de l’agitation où Esther avait jeté les petites apprenties comédiennes. Les deux pièces, propriété de Saint-Cyr, furent imprimées par leur auteur, mais ne purent être jouées à la Comédie-Française qu’en 1721 pour Esther, en 1716 pour Athalie. Indépendamment de leurs qualités dramatiques et littéraires propres, ces deux pièces avaient tout pour plaire au roi…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Alain Lanavère

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (4/8) : Blanche & Marguerite, deux reines au chevet du royaume

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Dans l'ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s'imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l'équilibre singulier d'une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.

+

saint louis blanche de castille marguerite de Provence
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (3/8) : Sous le manteau fleurdelisé du sacre

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | À travers l’exemple du sacre de saint Louis, le médiéviste Patrick Demouy revient sur les origines, le déroulement et la portée symbolique de cette cérémonie à Reims, où le roi devient, par l’onction, l’élu de Dieu et le garant de l’ordre chrétien du royaume. Entretien.

+

sacre de saint louis manteau fleurdelisé
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (2/8) : 6 lieux

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Découvrez 6 lieux emblématiques de la vie et du règne de Louis IX : baptême à Poissy le 25 avril 1214, sacre à Reims le 29 novembre 1226, consécration de la Sainte Chapelle le 26 avril 1248, départ pour la croisade à Aigues-Mortes le 25 août 1248, la justice à Vincennes, son inhumation le 23 mai 1271 à Saint-Denis. Avec des dessins inédits de © Innocent pour L’Homme Nouveau.

+

saint louis ix lieux
CultureLectures

Sainte Marguerite-Marie et moi sur les planches

Recensions | La Rédaction de L'Homme Nouveau vous propose une page culture, avec un choix de quelques livres, une BD et une sortie théâtre : Sainte Marguerite-Marie et moi, mise en scène à partir du livre de Clémentine Beauvais. Des idées à retrouver dans le n° 1859.

+

Sainte Marguerite-Marie et moi