En ce début de 2026, Alain Chevalérias s’interroge sur la possibilité d’un renversement des alliances entre États-Unis, Russie et Europe.
En ce début de 2026, allons-nous vers une reconfiguration des alliances et des sphères d’influence ? La question se pose quand on voit les États-Unis de Donald Trump engager une forme de rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine et quand le même Trump prend ses distances en matière de soutien militaire à l’Europe. Aujourd’hui, les Américains disposent de l’armée la plus puissante du monde et de l’une des deux économies les plus riches, mais surtout d’un système financier plus structuré face à la Chine. Ils ont donc une capacité d’intervention inégalée. Aussi peut-on s’interroger, voire s’inquiéter, à la lecture du document de la National Security Strategy (« Stratégie de la sécurité nationale ») publié début décembre par la Maison-Blanche.
Une Europe décadente ?
Selon ce document, outre que les pays européens y sont présentés comme décadents, ils auraient perdu toute fiabilité en matière de défense. Pourtant, si pour Donald Trump les Européens sont belliqueux, la Russie serait, elle, sans intentions agressives. De ce fait, le locataire de la Maison-Blanche pourrait-il aller jusqu’à inverser son alliance en faveur de Moscou ? À aucun moment le texte de la National Security Strategy ne le laisse entendre. Au contraire ! Néanmoins, les relations de Donald Trump avec Vladimir Poutine peuvent être interprétées comme allant dans le sens d’une alliance avec ce dernier. Mais une telle hypothèse est-elle plausible ? Si oui, dans quelles limites ? Il est une discipline dont on parle peu en France : la géopolitique ou l’étude de l’influence de la géographie sur les relations internationales. En la matière, il existe une règle essentielle : nos ennemis les plus déterminés sont généralement nos voisins. Pendant plusieurs siècles, l’Allemagne et la France en ont donné un douloureux exemple. Aujourd’hui, les pays européens, obligés de se coaliser pour faire face à Moscou, se retrouvent de ce fait voisins de la Russie. Cependant, on l’oublie trop souvent, seulement une centaine de kilomètres d’océan séparent la Russie des États-Unis, entre la Sibérie et l’Alaska. Dans son sous-sol, la Sibérie dispose de réserves considérables de minerais divers. La Russie s’affaiblissant avec une guerre en Ukraine qui ruine son économie, la Chine, qui manque cruellement des ressources minières disponibles en Sibérie, pourrait tenter de s’en emparer par la force. Dans cette éventualité, ne pouvant tolérer un…







