8 décembre :Tota pulchra es

Publié le 02 Déc 2011

« Je désire que (…) le chant grégorien, en tant que chant propre de la liturgie romaine, soit valorisé de manière appropriée. » (Sacramentum caritatis). Afin de répondre à ce souhait de Benoît XVI, cette nouvelle chronique, en donnant un descriptif de la mélodie de quelques pièces, permettra de mieux s’approprier la grande richesse du répertoire grégorien.

 

Provenant d’un manuscrit aquitain du XIe siècle, la mélodie paisible du premier mode unit, dans sa ligne pure aux belles voûtes rondes, les deux sentiments qui émanent du mystère célébré : l’admiration et la douceur. Aux élans d’émerveillement (1,2,3) qui conduisent le chant vers les notes supérieures et demeurent comme suspendus dans une sorte d’extase (*), succède une courbe parfaite (*), légère et grave, toujours la même, pleine de recueillement et d’intimité, qui exprime au mieux le mouvement d’intériorisation propre au chant grégorien. L’ordonnance ternaire de ces envols sereins et de cette retombée unique suggère une interprétation trinitaire de ce chant de louange, comme si l’Église, en contemplant le privilège insigne, entendait manifester l’adoration de la Vierge accueillant sa grâce singulière de l’action de chacune des trois Personnes divines. Il est significatif que cette mélodie culmine sur le deuxième élan (O), comme pour montrer que sa conception immaculée place Marie dans une relation toute particulière avec la deuxième Personne de la Sainte Trinité. C’est du grand art et pourtant c’est tout simple et délicat. Chantons dans le plus absolu legato et avec beaucoup de légèreté cet alléluia sans éclat mais plein d’amour et de vie. C’est Notre Dame elle-même qui le chante, l’Église se réservant le verset, inspiré du Cantique des cantiques (4, 7) : « Tota pulchra es Maria, et macula originalis non est in te – Vous êtes toute belle, ô Marie, et la tache originelle n’est pas en vous ».

Un moine de Triors 

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Saint Louis (5/8) : Un roi au service du bien commun

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Saint Louis aurait pu être un homme pieux mais médiocre souverain, un excellent chef doublé d’un triste mécréant. Il ne fut ni l’un ni l’autre. En travaillant à l’héroïcité de ses vertus, il a magnifié ses dispositions profanes, transcendant ses qualités de dirigeant. Entretien avec François-Régis Legrier, professeur de géopolitique, auteur de Saint Louis, modèle des chefs d'État (Via Romana).

+

saint louis bien commun justice chef
À la uneCultureArt et Patrimoine

Une petite-fille de Velázquez ?

Analyse d’œuvre | L'exposition en cours au musée Jacquemart-André propose au public des chefs-d’œuvre de la peinture baroque espagnole, parmi lesquels un portrait d'enfant dans un style qui tranche avec les ceux qui rendirent si célèbre Velázquez, le maître du Siglo de Oro, auprès des cours européennes.

+

Velázquez
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (4/8) : Blanche & Marguerite, deux reines au chevet du royaume

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Dans l'ombre et la lumière du règne de saint Louis, deux figures féminines s'imposent : Blanche de Castille, mère dévouée et reine de fer, et Marguerite de Provence, reine pieuse et épouse fidèle. À travers leurs influences respectives, se lit l'équilibre singulier d'une royauté en acte, structurée par la foi chrétienne.

+

saint louis blanche de castille marguerite de Provence
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (3/8) : Sous le manteau fleurdelisé du sacre

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | À travers l’exemple du sacre de saint Louis, le médiéviste Patrick Demouy revient sur les origines, le déroulement et la portée symbolique de cette cérémonie à Reims, où le roi devient, par l’onction, l’élu de Dieu et le garant de l’ordre chrétien du royaume. Entretien.

+

sacre de saint louis manteau fleurdelisé