L’exposition | Réconciliations : Henri IV et Rome

Publié le 04 Sep 2020
L'exposition | Réconciliations : Henri IV et Rome L'Homme Nouveau

La Réconciliation (ou les réconciliations) est le sujet autour duquel se déploie la nouvelle exposition du Musée national du Château de Pau où le roi Henri IV est né. Elle évoque les liens du roi très chrétien avec Rome entre 1589 et 1610. Sujet intéressant mais difficile, il rappelle en effet une période historique qui connut de nombreux drames, illustrée ici par des œuvres d’art.

Souvent de petits formats, une centaine de peintures, sculptures, dessins, gravures, maquettes de réalisations de grande envergure, médailles, manuscrits et livres précieux, sont donnés à voir. Le parcours est organisé en cinq sections qui permettent d’entrer dans cette période historique complexe.

À l’entrée de l’exposition de belles peintures à l’huile sur bois retiennent le regard. Ainsi Henri IV s’appuyant sur la Religion pour donner la paix à la France (v. 1598) semble résumer cette période historique. Le roi debout au visage mince et barbu, pose sa main gauche sur l’épaule d’une jeune femme assise figurant la Religion où les historiens reconnaissent un portrait « ressemblant fort à celui de la très officielle maîtresse du roi, Gabrielle d’Estrées, dont l’influence fut décisive pour le retour d’Henri au catholicisme » (cat., p.58). À sa droite, une autre jeune fille arrive en courant pour lui remettre un rameau symbolisant la paix. Très gracieuse, dans un geste plein d’humilité, une main sur le cœur et coiffée d’une couronne de laurier, elle regarde vers le souverain. Dans le ciel, sept angelots emportent les instruments de la guerre (épée, bouclier, armure…). Ce tableau de belle facture, plein de charme, est chargé d’une signification puissante.

Il y a aussi des portraits de papes. L’impressionnant Pape Sixte Quint, au visage sévère, est attribué à Filippo Bellini (v. 1550-1603), et fut réalisé entre 1585 et 1590. Trônant, tenant un sceptre dans la main gauche et bénissant de la main droite, son puissant regard traduit une forte personnalité qui est décrite par un ambassadeur vénitien : « tantôt il est doux, tantôt il est terrible, tantôt facile, tantôt difficile, tantôt parcimonieux, tantôt magnanime, et de cette variété, il use avec discernement ». (cat., p.66). 

Une figure majeure de la réconciliation entre Rome et la France, le pape Clément VIII, (v.1598) est aussi montrée. Elle fut peinte par Giuseppe Cesari, dit Il Cavalier d’Arpino (1568-1640). Cette superbe représentation le montre assis devant son bureau. De sa main droite, il commence la rédaction d’une lettre, tandis que sa main gauche – admirablement peinte –, maintient un document, légèrement enroulé où sont inscrites quelques phrases… Sur cette table, on découvre aussi un crâne où s’est posée une colombe, la tête tournée vers le souverain pontife, ses ailes déployées semblant soutenir un livre ouvert, toute une symbolique qui, bien sûr, évoque la paix. Henri IV s’est en effet réconcilié avec l’Église et puis il y a eu « la signature de la paix franco-espagnole (2 mai 1598) en faveur de laquelle le Saint-Siège n’avait pas épargné ses efforts ».(cat., p.114).

Un personnage historique eut un rôle considérable dans ces tous ces rapprochements, le cardinal Alexandre de Médicis. Marqué par saint Philippe Néri qu’il connut dans sa jeunesse, il fut le principal artisan d’une longue activité diplomatique qui conduisit le pape Clément VIII à accorder l’absolution au roi français qui, de son côté, confirmait par écrit son adjuration du protestantisme. Un tableau attribué à François Quesnel (1543-1619) présente au premier plan Le Roi Henri IV et le cardinal Alexandre de Médicis, en pied tandis qu’au fond apparaît le couronnement de Léon XI (Alexandre de Médicis sera pape sous ce nom pendant 27 jours). 

Une page d’histoire politique et religieuse mettant en avant les Réconciliations et la Paix qui en découle. À découvrir.

Jusqu’au 18 octobre 2020. Musée national et domaine du château de Pau, rue du Château, 64000 Pau.
Tél. : 05 59 82 38 00.

Catalogue de l’exposition : Réconciliations, Henri IV et Rome (1589-1610), sous la direction de Paul Mironneau, Ed. RMN-Grand Palais, 167 p., 30 €.

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