Serbie et Bosnie-Herzégovine, la colère des Serbes 

Publié le 26 Mar 2025
Serbie Bosnie-Herzégovine
Une manifestation de grande envergure s’est déroulée le 15 mars en Serbie, contre le pouvoir en place. Les Sebes dénoncent la corruption qui y règne et la responsabilité de l’Union européenne.

  Le 26 février, la justice de Bosnie-Herzégovine condamnait le président de la République serbe de Bosnie-Herzégovine (Republika Srpska) à un an de prison. Le 15 mars, des centaines de milliers de mécontents manifestaient contre le pouvoir dans les rues de Belgrade, capitale de la Serbie. Ces deux événements ne se déroulent pas dans le même État. Le premier, la Bosnie-Herzégovine, est un État fédéral dont une composante, la Republika Srpska, est serbe. Le second, la Serbie, est un autre État, sans liens constitutionnels avec la Republika Srpska.

Composition ethnique de Bosnie Herzegovine serbie

Composition ethnique de Bosnie-Herzégovine. © Bourrichon, CC BY-SA 3.0

Les deux contrées, la Serbie et la Republika Srpska, ont néanmoins en commun d’être serbes et de partager une même frontière. Elles partagent aussi le sort d’avoir été assujetties à des décisions des Nations unies et de l’Europe, sous orientation américaine, à la suite des guerres qui ont accompagné l’éclatement de l’ancienne Yougoslavie du maréchal Tito.

Une réalité du terrain complexe

Novi Sad railway station canopy collapse serbie Aussi, à la réflexion, les désordres qui règnent aujourd’hui dans ces deux pays nous apparaissent-ils surtout comme le résultat d’une gestion doctrinale, de décideurs occidentaux trop souvent coupés des réalités du terrain. À Belgrade, la manifestation du 15 mars était spectaculaire en raison de l’importante mobilisation. Néanmoins, l’ambiance est à la contestation de rue depuis le 1er novembre dernier, à la suite de l’effondrement, ayant causé la mort de 15 personnes, d’un auvent de la gare de Novi Sad. Les protestataires, large mouvance apolitique de la population, reprochent au pouvoir la corruption, régnant dans l’attribution des marchés publics, qui est à l’origine de cette catastrophe. Le président de la République de Serbie, Aleksandar Vučić est le principal responsable de cette situation. Or il bénéficie du soutien de l’Union européenne. Cette situation est paradoxale car Vučić a été un partisan déterminé, voire extrémiste, de la cause nationaliste serbe par ailleurs décriée par Bruxelles. Si, aujourd’hui, il a opté pour une obéissance de façade prisée par les eurocrates, c’est aussi en pratiquant la corruption et en introduisant les mafias locales dans les dispositifs gouvernementaux.

La responsabilité de l’Union européenne

Le laxisme de l’Union européenne…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Alain Chevalérias

Ce contenu pourrait vous intéresser

International

France-Algérie : réconciliation ou faux-semblants ?

Le 18 mai, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, était en déplacement en Algérie. Ce sera prochainement au tour de Saïd Sayoud, le ministre de l’Intérieur algérien, de se rendre en France pour réinstaurer « une coopération sécuritaire » entre les deux pays.

+

Algérie
International

Attaque surprise au Mali

Le 25 avril, des attaques d’islamistes et d’indépendantistes touaregs ont éclaté au Mali contre les villes de Bamako, la capitale, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal. Ces offensives sont remarquables autant par leur simultanéité que par la distance qui les sépare. De toute évidence, il ne s’agit pas tant d’une prise de contrôle du pays — la faiblesse des effectifs ne le permettant pas — que d’une démonstration de capacité de nuisance.

+

mali
International

Washington face à Pékin

Quand Israël et les États-Unis bombardaient l’Iran, Pékin n’a pas réagit. Jusqu’à ce que Trump annonce fermer le détroit d’Ormuz, et bloquer la circulation du pétrole, mettant en danger l’économie chinoise. Pourquoi cette prudence de la Chine ?

+

pékin chine
International

La démocratie peut-elle être illibérale ? Le cas hongrois

Le 12 avril dernier, la Hongrie, dirigée par Viktor Orbán depuis 16 ans, a connu une transition politique avec la victoire de Péter Magyar et de son parti Tisza. Au-delà de ces turbulences électorales, la question que soulève la défaite d’Orbán est de déterminer si une démocratie non libérale est aujourd’hui viable dans le temps.

+

démocratie illibérale Hongrie orban
International

L’autre front israélien : le Liban

Au lendemain de la mort, par attaque israélienne, de l’ayatollah Khamenei, le Hezbollah a répliqué contre Israël, engageant le Liban dans le conflit, et provoquant des bombardements contre les villages libanais.

+

liban israël