Jubilé de saint François (2/3) : St François d’Assise, amoureux fou du dieu trinitaire

Publié le 22 Oct 2026
saint François jubilé
> DOSSIER « Un jubilé pour méditer saint François » (n° 1864)
Jamais saint, sans doute, n’eut autant de visages que saint François. Mais un seul lui rend entièrement justice, en contenant tous les autres – ou presque : celui de fils de Dieu. Toute sa vie, il chercha à devenir l’humble miroir de la Source suprême, à travers laquelle tout prend sens.

  Qui est saint François d’Assise ? Pour le pape François, qui lui doit son nom de pontife, il est « l’homme de la pauvreté, l’homme de la paix, l’homme qui aime et prend soin de la création ». Bien d’autres dimensions du saint d’Assise sont mises en valeur : l’homme de l’Évangile, l’homme fraternel, l’homme de la réconciliation et du dialogue, l’homme qui refuse la domination de l’argent, l’homme amoureux de son Église, l’homme qui veut que tous les baptisés y aient leur place, etc. Tant de visages, tous vrais – même s’il y a des limites que certains franchissent, comme ceux qui l’opposent à l’Église ou en font un écologiste radical. Mais comment ordonner tous ces visages, quel fil conducteur pour les unifier ? Le mieux est de lui poser cette question : « Saint François, qu’en dis-tu ? » Or nous avons sa réponse, à travers les chroniques et témoignages de ceux qui l’ont connu et, surtout, par ses écrits – son œuvre, par son contenu, est loin d’être négligeable.

François et Dieu

À leur lecture, cette réponse saute aux yeux. Comme l’écrit Chesterton dans son magnifique Saint François d’Assise, parler de lui sans parler de Dieu, c’est « à peu près comme si l’on vous priait d’écrire la vie de Nansen [le célèbre explorateur norvégien de l’époque] en vous interdisant de parler du Pôle Nord ». En somme, comme si on décidait de parler de Christophe Colomb sans parler de l’Amérique… Et puisque notre temps aime tout quantifier, en voici un signe : dans ses écrits qui ne sont pas très longs, moins d’une soixantaine de pages au format moyen, saint François emploie 244 fois le mot Dieu, 90 fois Père, 191 fois Jésus, Christ ou Fils, 47 fois Esprit ou Esprit Saint, 12 fois le couple Trinité-Unité (auxquelles s’ajoutent les phrases sur la vie et l’action trinitaire) – soit près de 600 fois la nomination du Dieu trine et un, dix fois par page en moyenne, et 14 fois plus que pour homme et 27 fois plus…

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Didier Rance

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