Et maintenant, que fait-on?

Publié le 14 Juin 2013
Et maintenant, que fait-on? L'Homme Nouveau

Entretien avec Ludovine de La Rochère, présidente de « La Manif pour tous »

Propos recueillis par Adélaïde Pouchol

Quel bilan faites-vous de ces derniers mois de mobilisation ?

La prise de conscience du bouleversement de civilisation qui s’opère s’est étendue au fil des mois. Par ailleurs, l’intensité de la mobilisation a été extraordinairement intense. Les Français ont même été plus que mobilisés : ils ont été pleinement impliqués, acteurs, et je crois qu’ils ne comptent pas du tout abandonner le combat !

De nombreux Français, qui se croyaient seuls à se désoler des dérives sociétales, ont découvert qu’ils partageaient cette inquiétude avec beaucoup d’autres. Autre signe d’espoir pour tous : le très fort engagement des jeunes. Tout cela a contribué à la dynamique extraordinaire du mouvement. Certes, la loi Taubira a été votée puis promulguée, mais nous avons remporté une victoire bien réelle avec le retrait de l’amendement du projet de loi Peillon qui prévoyait l’enseignement de l’idéologie du Gender à l’école primaire. En tout cas, nous ne lâcherons rien sur la loi Taubira et nous ferons de son abrogation (sans rétroactivité) un enjeu prioritaire pour les élections à venir.

« La Manif pour tous » entend-elle prendre une dimension politique ?

Non, il ne s’agit pas de se constituer en mouvement politique, mais d’agir auprès des élus pour peser dans le débat public. Nous sommes convaincus, en effet, que c’est notamment notre indépendance qui fait notre force.

 Justement, que comptez-vous faire pour les maires qui sont déjà et seront de plus en plus confrontés aux demandes de mariages homosexuels ?

Nous mettons en place la structure nécessaire pour les aider, du point de vue juridique, de la communication, etc. Nos avocats travaillent en ce moment sur les textes de loi qui leur permettront de défendre les maires qui refuseront, en conscience, de célébrer le « mariage » de personnes de même sexe. Il ne faut pas oublier que la liberté de conscience est censée être l’un de nos fondamentaux, garanti par la Déclaration des droits de l’Homme !

Ne craignez-vous pas un essoufflement de la mobilisation pendant les vacances ? Que comptez-vous organiser ?

« La Manif pour tous » ne se bat pas seulement contre la loi Taubira, mais aussi contre ce qui est en est à l’origine, c’est-à-dire l’idéologie du Gender, et bien sûr contre la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour tous et la GPA (Gestation Pour Autrui ou mère porteuse). En fait, la tâche est immense pour nous tous qui voulons défendre le mariage et la filiation, c’est-à-dire l’enfant et la famille ! Nous allons annoncer et proposer trois types d’actions : informer et sensibiliser encore et toujours plus largement sur ce qui se joue actuellement, organiser des actions de rue, des actions juridiques et des actions auprès des politiques français et européens. Nous souhaitons aussi former sur ces sujets, car il y a urgence ! C’est dans cette optique que nous organisons une université d’été les 15 et 16 septembre en région parisienne. D’ici là, des actions sont bien sûr prévues, à commencer par la pétition pour la liberté de conscience des maires, très importante pour la suite, à signer sur le site officiel de « La Manif pour tous ».

Vous avez employé publiquement à plusieurs reprises le terme de résistance. Qu’entendez-vous par là ?

Le combat contre la loi Taubira nous a amenés à défendre les libertés fondamentales, en particulier liberté de pensée, d’opinion, d’expression. Au fond, nous défendons la démocratie ! Cela, conjugué au fait que nous n’acceptons pas cette loi, nous fait entrer en résistance. Ainsi, nous continuerons à exprimer notre refus du « mariage » et de l’adoption pour tous, nous défendrons les maires qui refusent de « marier » deux personnes de même sexe, etc. Légales ou non, nos actions resteront en tout cas respectueuses des personnes et du bien commun car nous voulons être cohérents avec nos valeurs et être des témoins de paix.

Le calme et la paix n’ont pourtant pas porté les fruits espérés puisque la loi est passée…

Les choses auraient été bien pires encore si nous avions usé de violence. Nous devons maîtriser notre colère, aussi légitime soit-elle, et agir avec discernement. La violence est un piège. Monsieur Valls essaye d’ailleurs de nous faire passer pour violents et veut nous y pousser. Le mouvement des veilleurs, par exemple, est très embarrassant pour le gouvernement !

Quoi qu’il arrive, la tâche est immense, mais nous l’assumerons !

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