« Parcours de transition des personnes transgenres » : partialité du groupe de travail ?

Publié le 19 Août 2023
transgenres

On pourrait croire les associations de défense de l’enfance habilitées à se prononcer sur le traitement des jeunes souhaitant changer de genre. Malheureusement, la Haute Autorité de Santé assume l’opacité des travaux prévus en refusant d’emblée de préciser la composition du groupe formé pour préparer ces recommandations. Entretien avec Olivia Sarton, directrice scientifique de Juristes pour l’enfance.   Vous avez obtenu la possibilité de consulter la composition du groupe de travail mis en place par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour rédiger les consignes concernant le « Parcours de transition des personnes transgenres ». Pour quelles raisons avez-vous formulé cette demande ? Depuis un petit nombre d’années, on voit en France et dans d’autres pays occidentaux un certain nombre de jeunes, et même d’enfants, qui se questionnent sur leur identité sexuée, et auxquels des adultes répondent qu’il est possible d’adopter une « identité de genre » différente de leur sexe biologique. Il s’agit d’enfants dont le sexe a été constaté sans aucune difficulté à la naissance, il n’y a pas d’anomalie des organes génitaux. Leur état-civil correspond à leur sexe. Mais ils expriment un mal-être et il leur est proposé par la société d’y répondre en choisissant eux-mêmes le « genre » (garçon ou fille, ou neutre, ou « mi-garçon mi-fille », etc.) qui leur paraît leur correspondre. Ainsi confortés dans l’idée que la négation de la réalité de leur sexe biologique pourrait résoudre les difficultés qu’ils rencontrent, des enfants peuvent accéder très jeunes à des interventions médicales : administration de bloqueurs de puberté dès 10 ans, administration d’hormones du sexe opposé dès 15 ans, et ablation de la poitrine pour les jeunes filles dès 14 ans. Ces interventions médicales sont par ailleurs en augmentation dans la population adulte. C’est dans ce contexte que la Haute Autorité de Santé (HAS) a été chargée par le ministère de la Santé d’élaborer des recommandations dans le but d’améliorer l’accompagnement et la prise en charge des personnes dites « transgenres ». La HAS est une autorité publique indépendante à caractère scientifique, appelée à éclairer la décision des pouvoirs publics dans le domaine médical. Les recommandations qu’elle va élaborer seront adressées à tous les professionnels susceptibles de prendre en charge des personnes en questionnement de genre. Votre demande a-t-elle été prise en compte ? Dans la « note de cadrage » formalisant le périmètre de ses travaux, la HAS a indiqué que ces recommandations s’appliqueraient à la prise en charge des mineurs de 16 et 17…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Propos recueillis par Marie Etcheverry

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (3/4) : Soigner à la française les mineurs tourmentés

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | Christian Flavigny, pédopsychiatre français, a vu venir de loin ce mouvement d’embrasement de la théorie du Genre et s’attache, depuis 2012, à en contrer les ravages chez les mineurs. La manifestation de ce qu’on appelle « dysphorie de Genre », chez l’enfant, est un tourment auquel la psychologie, telle qu’elle est pratiquée en France, peut et doit apporter son aide.

+

transgenrisme genre mineur
À la uneSociétéBioéthique

Transgenrisme (2/4) : Les autorités et le corps médical vont-ils enfin ouvrir les yeux ?

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | En France, le droit à l’auto-détermination de genre a fini par s'imposer, que ce soit dans le domaine médical ou juridique. Et la récente note de cadrage de la Haute Autorité de Santé ne laisse pas espérer une meilleure prise en charge des mineurs dits en « questionnement de genre », alors que de nouvelles études internationales prouvent scientifiquement le caractère inutile, voire nocif, des démarches « trans-affirmatives ».

+

transgenrisme médiale
SociétéBioéthique

Transgenrisme (1/4) : Une révolution en marche

DOSSIER n° 1855 « Transgenrisme : quel avenir pour nos enfants ? » | L’idée de changer de sexe ne date pas d’hier, mais sa mise en application sociale, politique, voire anthropologique est une réalité désormais à la portée de tous. À l’école ou en compétition sportive, dans les lois et les cliniques, le mouvement a pris une ampleur inédite, au niveau mondial. Et quoiqu’on perçoive la montée d’une saine opposition, le combat reste prégnant.

+

transgenrisme
ChroniquesSociété

La « Nouvelle France » : concept ou création ?

C’est logique ! de François-Marie Portes | Les récentes élections municipales ont laissé penser qu'émergerait une « Nouvelle France » portée par le parti de Jean-Luc Mélenchon. Que révèle cette notion et surtout quelle logique démontre-t-elle ? En utilisant des termes flous, ne cherche-t-on pas à rassembler autour d'un réel « fabriqué » ?

+

nouvelle france