Vu de Rome

Publié le 16 Sep 2013
Vu de Rome L'Homme Nouveau

Aux éditions de L’Homme Nouveau, l’historien Yves Chiron a publié un vaste ouvrage consacré à l’Église. Il nous en dit plus. Entretien avec l’auteur. 

Vous venez de publier un nouvel ouvrage intitulé Vu de Rome. De quoi s’agit-il ?

Yves Chiron : Il s’agit d’un recueil ordonné d’articles parus dans diverses publications (Aletheia, L’Homme Nouveau, Présent et d’autres) depuis une vingtaine d’années. J’ai largement corrigé et mis à jour ces articles et je les ai rangés non dans un ordre chronologique mais par thème. Ces thèmes (histoire de l’Église, grands auteurs spirituels, débats doctrinaux, crise de l’Église, questions morales, vraies et fausses apparitions mariales, etc.) sont le reflet de mes centres d’intérêt et de mes préoccupations.

Vu de Rome rappelle, à sa manière, le célèbre Vu de droite d’Alain de Benoist qui était aussi un recueil d’articles dont l’ambition était d’offrir une nouvelle grille d’analyse et un nouveau corpus idéologique à la droite française. Est-ce aussi, mutatis mutandis, votre dessein ?

Le titre est, bien sûr, en référence au Vu de droite d’Alain de Benoist et l’architecture du livre pourrait aussi, par certains côtés, rappeler celle d’Alain de Benoist. Mais ce n’est pas une réponse à ce livre. C’est le fruit de réflexions et de lectures.

Je ne prétends certainement pas offrir un « nouveau corpus idéologique ». Pour un chrétien, il ne peut y avoir de corpus idéologique à réinventer. Il y a une foi qui tient en peu de mots (le Credo), que l’on peut certes expliciter, commenter, mais dont on doit vivre ; il y a un agir chrétien, qui trouve ses normes, lui aussi, dans des textes brefs (pour la prière, dans le Notre Père ; pour la vie personnelle et sociale, dans les dix commandements et les Béatitudes). L’histoire de l’Église, l’histoire de la théologie, l’histoire de la spiritualité ne sont que la mise en œuvre, réussie ou pas, de ce peu de mots fondateurs de notre foi et de notre agir chrétien.

Plus de trois cents pages, plus de dix têtes de chapitres qui recouvrent autant de thèmes, près de dix pages d’index des noms cités, le lecteur reste impressionné par l’ampleur de votre travail. Quelle est la part du chroniqueur religieux et de l’historien dans ce vaste monument ? La frontière entre les deux est-elle d’ailleurs toujours pertinente ?

La mode, dans les années 1970/1980, était de s’interroger d’abord sur le locuteur pour comprendre ce qu’il disait. « D’où parle-t-il ? » cela voulait dire « À quel titre ? ». Mes lectures et mes commentaires de l’actualité religieuse sont ceux d’un historien. Un moine tirerait d’autres choses de ces mêmes lectures et aurait d’autres analyses sur les évènements, ecclésiaux ou pas.

Vous parlez de « monument ». Le qualificatif est flatteur mais immérité. Ce n’est, en bien de ses parties, qu’un livre de repères. Il donne des repères, des références, et indique plutôt quels sont les monuments à visiter, à connaître. Émile Poulat a l’habitude de dire que rien n’est plus important, dans le domaine intellectuel, qu’une bonne bibliographie. À partir de là on peut éclairer, corriger, rectifier.

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