Afghanistan : un bain de sang généralisé

Publié le 22 Jan 2023

Dans la nuit du 14 au 15 janvier, Mursal Nabizada a été abattue à son domicile à Kaboul. Membre du Parlement sous l’occupation américaine, cette jeune femme de 32 ans avait refusé de s’enfuir à l’étranger. La plupart des médias occidentaux ne parlent plus de l’Afghanistan qu’à propos des attaques armées et des interdits imposés aux femmes. La mort de Mursal associe dramatiquement ces deux problématiques. Dernière des limitations des libertés infligées à la gent féminine, la prohibition d’étudier à l’université et de travailler dans les ONG, cette ultime lucarne ouverte sur le monde, a été décrétée le 24 décembre. Pour abject que soit le sort réservé aux femmes en Afghanistan, la violence armée n’en demeure pas moins le principal problème. Elle se présente sous deux formes. D’une part nous assistons à l’élimination des personnes considérées « déviantes »: les individus rebelles aux diktats du régime et les anciens cadres politiques ou militaires qui ont exercé pendant la présence américaine. L’exécution de Mursal fait partie de cette catégorie clairement imputable aux Talibans. Une violence croissante D’autre part nous voyons des attaques terroristes éclater à travers le pays. Les cibles sont alors les groupes ethniques et religieux honnis par les Talibans : principalement les Hazaras chiites et même les soufis. Le 30 septembre, l’attentat-suicide mené contre un centre de formation hazara à Kaboul avait fait 19 morts, principalement des jeunes filles. S’il a marqué les imaginations plus que d’autres, il ne faut pas oublier les opérations du même type contre les mosquées chiites des grandes agglomérations du nord de l’Afghanistan. Pourtant, à celles-ci s’ajoute une autre sorte d’attentats, ceux dont sont parfois victimes les Talibans eux-mêmes. Par exemple, le 11 janvier, l’un d’eux a été perpétré contre le ministère des Affaires étrangères, causant la mort d’une dizaine de personnes. Le premier du mois, autre exemple, une explosion faisait plusieurs victimes devant l’aéroport militaire de Kaboul. Plus étrange à première vue, le 12 décembre, des hommes armés ont attaqué un hôtel de Kaboul fréquenté par les hommes d’affaires chinois. Le 2 janvier, des coups de feu avaient déjà été tirés contre l’ambassade du Pakistan, restée ouverte, dans la capitale. Le plus souvent revendiqués par Daech, mieux connu en Occident sous le nom d’État islamique, ces bains de sang sont dénoncés par les nouveaux maîtres de Kaboul. Néanmoins, étrangement, ceux-ci ne font rien contre. Ainsi, aucune opération destinée à traquer les hommes…

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Alain Chevalérias

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