Allemagne : la gauche écrasée

Publié le 27 Fév 2025
allemand allemagne gauche

Friedrich Merz, nouveau chancelier allemand, gouvernera-t-il avec les socialistes ? © Steffen Prößdorf, CC BY-SA 4.0

Les dernières élections législatives en Allemagne ont vu la victoire de la droite (208 sièges), suivie de près par l’extrême droite (152 sièges). La coalition de gauche qui était alors au pouvoir s’est effondrée.

  Le 23 février, les élections législatives se déroulaient en Allemagne. Derrière Olaf Scholz, formée de trois partis de gauche, l’alliance au pouvoir s’était effondrée dans la discorde le 16 décembre dernier. Les résultats donnent une victoire remarquable à la droite. Le scrutin apparaît d’abord comme une sanction contre ceux qui n’ont pas su gouverner : le SPD de Scholz perd 10 points par rapport aux élections de 2021 et ne rassemble que 16,4 % des voix. Les Verts perdent trois points, tombant à 11,6 %. Quant au FDP, le troisième larron de la coalition sortante, il n’atteint pas les 5 % nécessaires permettant de siéger au Bundestag. En revanche, l’alliance CDU/CSU, la droite classique, arrive en première place, atteignant les 28,6 % et progressant de 4 %. Elle est suivie par l’AfD (Alternative für Deutschland) qui, avec 20,8 % des voix, double son score. Succès qui provoque les mêmes rejets que le Rassemblement national en France sous l’accusation d’extrémisme.

Les spécificités allemandes

Les similitudes entre nos deux pays ne doivent cependant pas faire oublier les spécificités allemandes. L’Allemagne reste un pays humilié par la défaite de la Seconde Guerre mondiale. De plus, le soupçon de nazisme ou de fascisme y est plus redoutable qu’ailleurs. Enfin, contrairement à la Grande-Bretagne et à la France, dépossédé de ses colonies au lendemain de la Première Guerre mondiale, le pays profond n’a développé aucune proximité au quotidien avec les populations du « tiers-monde ». Il en résulte une méfiance plus accentuée encore que chez nous à l’égard des vagues migratoires. Ces caractéristiques ont des effets amplificateurs sur les développements électoraux engendrés par les réactions de rejet contre les politiques récentes. La plus évidente de ces politiques est l’accueil d’un million de réfugiés syriens en 2015 sur décision de la chancelière de l’époque, Angela Merkel. Suivie d’attaques répétitives à l’arme blanche ou avec des véhicules béliers commis par des migrants, elle est la raison principale de la montée des droites. À la fois cause et conséquence de cette progression des droites, le 29 janvier dernier, à la tête de l’alliance CDU/CSU, Friedrich Merz présentait une motion au Bundestag pour durcir la rétention des étrangers sans papiers. C’était le…

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Alain Chevalérias

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