Au quotidien n°163 : François appelle les chrétiens d’Irak à protéger leurs racines

Publié le 08 Mar 2021
Au quotidien n°163 : François appelle les chrétiens d'Irak à protéger leurs racines L'Homme Nouveau

Le voyage de François en Irak a été particulièrement suivi par la presse française. Dans le Figaro (8 mars), Jean-Marie Guénois, par exemple, souligne les trois appels lancés par le pape aux chrétiens de ce pays.

Le soleil irakien de ce dimanche jette une lumière crue sur les ruines blanches de Mossoul. Place Hosh al-Bieaa, les éboulis des quatre églises qui la forment, stigmates des destructions de Daech, s’étalent encore comme des plaies ouvertes. Une lourde limousine blindée noire, sous une escorte de sécurité inouïe, dépose le pape. François a absolument tenu à prier au cœur de cette ville martyre, qui fut la capitale éphémère de l’aventure meurtrière de Daech, pour laquelle il avait déjà beaucoup prié lors de l’horreur de 2014. Prier large « pour toutes les victimes des guerres », sans exclusion, et même prier pour les agresseurs islamistes : « Nous te confions ceux dont la vie terrestre a été écourtée par la main violente de leurs frères, dit François, et nous t’implorons aussi pour tous ceux qui ont fait du mal à leurs frères et à leurs sœurs : qu’ils se repentent, touchés par la puissance de ta miséricorde. » (…)

Ce 33e voyage de son pontificat, en Irak – qu’il a attendu depuis six ans, assurent ses proches -, a été présenté par François comme une « pénitence ». Risqué pour sa sécurité et sa santé, avec la pandémie qui ravage l’Irak, ce déplacement historique se veut aussi porteur d’une forte symbolique de paix. Et un encouragement aux chrétiens d’Irak pour les aider à relever la tête, aux Irakiens à se donner la main. Sur cette place de Mossoul, l’ardeur des mots du pape a étreint l’assemblée, ­résumant tout l’esprit de son voyage : « Si Dieu est le Dieu de la vie – et il l’est – il ne nous est pas permis de tuer nos frères en son nom. Si Dieu est le Dieu de la paix – et il l’est – il ne nous est pas permis de faire la guerre en son nom. Si Dieu est le Dieu de l’amour – et il l’est – il ne nous est pas permis de haïr nos frères. » (…)

Depuis la basilique de l’Immaculée-Conception, profondément endommagée avant d’être restaurée, il implore : « Ne vous rendez pas, ne perdez pas l’espérance » car « le terrorisme et la mort n’ont jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient à Dieu. »

Ce qui implique trois devoirs pour les chrétiens du Moyen-Orient. Le premier est de ne pas céder à la « tentation de répondre à ceux qui nous ont agressés ». C’est un « piège où il est facile de tomber », explique François à Erbil, dernière étape de son voyage. « Le piège de montrer aux autres que nous sommes forts » mais « le piège aussi de nous faire une fausse image de Dieu », alors que « le Christ nous fortifie afin que nous sachions résister à la tentation de chercher à se venger, qui fait s’enfoncer dans une spirale de représailles sans fin. »

Second devoir, le « pardon ». C’est une « parole clé » dit François. « Il est nécessaire de la part de ceux qui ont survécu aux attaques terroristes ». Il « est nécessaire pour demeurer dans l’amour, pour demeurer chrétien. La route vers une pleine guérison peut être encore longue, mais je vous demande, s’il vous plaît, de ne pas vous décourager. La capacité de pardonner est nécessaire et, en même temps, le courage de lutter. Je sais que cela est très difficile. »

Troisième devoir pour ces chrétiens si exposés, celui de « persévérer ». Afin de « ne pas perdre le grand héritage spirituel laissé par les chrétiens de cette région. Cet héritage est votre force ! Étreignez cet héritage ! Vous n’êtes pas seuls ! L’Église tout entière vous est proche ». Enfin François d’exhorter : « N’oubliez pas qui vous êtes et d’où vous venez ! (…) protégez vos racines ! »

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