C’est ce que rapporte le quotidien Présent (26 mai 2021) dans sa rubrique « Brève du parvis » en se référant à la dernière lettre de Paix liturgique. Si l’information était confirmée, elle remettrait en cause une décision majeure de Benoît XVI qui avait voulu réparer une injustice envers les catholiques vivant de la messe codifiée par saint Pie V en même temps que rétablir un véritable esprit liturgique tout en favorisant la paix.
La dernière Lettre de Paix Liturgique, parue le 25 mai, est inquiétante. Elle rapporte que le lundi de Pentecôte, ouvrant à Rome la réunion de la Conférence des Evêques Italiens (CEI), le pape a confirmé la parution prochaine d’un document « qu’on l’a pressé de rédiger », destiné à « réinterpréter » le motu proprio de Benoît XVI. Cela ne fait que confirmer la tendance de nombre d’évêques, notamment italiens, qui ne supportent pas la liberté octroyée à l’ancien rite par le pape émérite. Le cardinal Ladaria et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi auraient présenté des objections, mais la Secrétairerie d’Etat pousse à cette parution. Les communautés célébrant selon la forme traditionnelle pourraient continuer à le faire, mais les prêtres diocésains ne pourraient plus célébrer la messe traditionnelle qu’avec une permission spéciale. La célébration de cette messe ne serait donc plus un droit, mais une exception toléré.
De son côté, La Lettre de Paix liturgique (n° 798 du 25 mai 2021) estime que :
Il est évident que ce document, inapplicable dans de nombreux pays dont la France, aura surtout une portée symbolique : faire que la célébration de la messe traditionnelle ne soit plus un droit, mais une exception tolérée.
Le groupe de pression anti-messe traditionnelle, à l’Université Saint-Anselme, à la Curie et à la CEI, entraîne ainsi le pape vers une erreur politique majeure : le mécontentement latent de toute une partie des catholiques devant les approximations doctrinales, les faiblesses devant les dérives allemandes, la multiplication des déclarations pour le moins déconcertantes, risque de se transformer en un véritable « ras-le-bol ». Au lieu de s’efforcer de sentir ce que pense et ce à quoi aspire toute une partie très vivante du peuple chrétien, on la pousserait au désespoir et à l’exaspération.
La paix de l’Église, spécialement la paix liturgique, à laquelle Benoît XVI avait beaucoup contribué avec son texte sage libérateur, est délibérément déchirée : un retour aux pires années de l’après-Concile s’annonce.