Au quotidien n°249 : la loi des suspects…

Publié le 15 Sep 2021
Au quotidien n°249 : la loi des suspects… L'Homme Nouveau

Cathos ? Donc suspects ! le magazine Society consacre tout un article à la petite ville normande de Sées (Orne). Deux établissements hors contrats s’y sont installés dont l’un sous l’égide de la Fraternité Saint-Pierre (FSSP). Là où l’on vante tant habituellement le respect des opinions, on amalgame ici ces établissements aux idées de l’un des professeurs ou à quelques autocollants collés en ville. Comme d’habitude, le référent est un homme en rupture de ban et qui accuse l’évêque d’être conservateur.  La chasse est ouverte…

La gare a été rachetée par un particulier en 2015 puis transformée en salon de thé, mais le TER Le Mans-Caen marque toujours l’arrêt à Sées. Le vendredi après-midi, il n’est pas rare d’y croiser une troupe de jeunes garçons, valise à la main et uniforme sur le dos, quittant la Normandie le temps d’un week-end.

Pour savoir où ils ont passé la semaine, il suffit de suivre les monuments historiques de la ville, dont les vestiges de l’église Saint-Pierre, la cathédrale Notre-Dame, le palais d’Argentré ou la chapelle de l’ancien couvent des Sœurs de la Miséricorde.

Un pèlerinage parsemé de stickers de l’Action française, de la Manif pour tous et de la Ligue nationaliste: “Oui aux clochers, non aux minarets”, “La France crève: réveille-toi”, “PMA, GPA: vous pouvez dire non”, “Face à l’invasion migratoire: on ferme!”, “Penser nation, manger local”. Autant de slogans qui conduisent à l’ancien grand séminaire de la ville, où est abrité l’Institut Croix des Vents, un ensemble scolaire primaire-collège-lycée. (…)

Un essor qui pose plusieurs questions, parmi lesquelles celle-ci: comment une bourgade de 4 500 habitants posée sur les bords de l’Orne a-t-elle pu devenir l’un des épicentres des cathos tradis, tout en élisant un maire de confession musulmane aux dernières municipales?

Évêché de l’Orne depuis le Moyen Âge, Sées a connu ces dernières décennies la désaffection de fidèles inhérente aux diocèses ruraux. “La présence de l’Église est ici très enracinée, explique celui qui était évêque de Séez (l’ancienne orthographe, toujours utilisée par l’Église) jusque fin 2020 avant d’être nommé à Bayeux, Monseigneur Jacques Habert. Mais sans pour autant assister à un effondrement, on est impactés par la baisse démographique du département. Il y a moins d’enfants catéchisés, moins de mariages et moins de baptêmes. ”

Depuis 1995, l’évêché est ainsi passé de 500 à 32 paroisses, les petites églises continuent de fermer et les ordinations de prêtres sont devenues rares. “L’évêque se retrouve avec des ensembles immobiliers en plus ou moins bon état sur les bras et passe son temps à faire de la gestion de biens via la société immobilière du diocèse”, constate Christian Delahaye, journaliste et théologien installé dans l’Orne depuis plus de dix ans. Auteur en avril dernier d’ Adieu curé, où il raconte comment le diocèse l’a blacklisté après qu’il a refusé d’être ordonné prêtre, Christian Delahaye voit en Monseigneur Habert un “conservateur souhaitant des agents dormants prêts à se réveiller au cas où il faudrait prêter main-forte à une nouvelle lubie traditionaliste voulant guerroyer pour un énième combat perdu d’avance” . Intronisé en 2010, l’évêque a délivré trois nouvelles autorisations de messe en latin et dos au public dès son arrivée. Deux ans plus tôt, la Fraternité sacerdotale Saint-Pierre (FSSP), une communauté religieuse traditionaliste approuvée par le pape en 2003, avait déjà racheté les murs de l’Institut Croix des Vents pour en prendre la direction, avant de créer l’école primaire Saint-Joseph en 2013, puis d’aider à l’ouverture d’un collège-lycée pour filles en 2017, toujours à Sées.

Malgré la désaffection des fidèles “lambda”, le diocèse de Sées parvient donc à attirer un nouveau public, et de plus en plus de familles catholiques tradis viennent s’installer dans le bocage normand. Pour les attirer, la FSSP organise l’été une colonie pour les 6-11 ans et une session familiale pour les jeunes couples en quête de sens.

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéÉducation

Automne 1992 : un printemps pour l’école Saint-Dominique

En ce temps de la Nativité, je voudrais vous raconter l’histoire de la naissance de l’école Saint-Dominique du Pecq. En 1992, il y avait quelques dizaines de ces écoles hors contrat. Il y en a 2 600 aujourd’hui. Cette réalité doit être connue et soutenue par tous les moyens possibles. C’est le combat que nous menons chaque jour à la Fondation pour l’école. Bonne lecture !

+

école saint-dominique
À la uneSociété

Clarification sur la labellisation des médias

C’est logique ! de François-Marie Portes | À l’heure où la « labellisation » des médias s’impose dans le débat public, la distinction entre information et opinion est souvent invoquée comme une évidence. Or cette séparation est plus fragile qu’il n’y paraît : toutes deux relèvent du même ordre du discours et ne se distinguent que par leur rapport à la preuve et à la certitude.

+

label médias
À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
SociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan