Au théâtre : Les cuisinières

Publié le 19 Mai 2016
Au théâtre : Les cuisinières L'Homme Nouveau

Parmi les très nombreuses pièces de Goldoni, la représentation des Cuisinières a été écrite pour le carnaval de Venise de 1755. Ce n’est pas une pièce très charpentée, plutôt écrite dans l’esprit d’une farce à la mode vénitienne où les facéties un peu vulgaires des mœurs populaires ont le beau rôle. Pièce de mœurs mais sans intention moralisatrice, Les Cuisinières nous campent le portrait au vitriol de quatre femmes, servantes de leur état, bonnes à tout faire, tantôt coureuses, tantôt voleuses, spécialistes des cancans, qui veulent profiter de ce jour d’exception qu’est le carnaval de Venise pour s’arracher un instant à leur condition et goûter au délire de la ville ce jour -là.

L’intrigue, si l’on peut parler d’intrigue, se noue autour de la question de savoir si leurs maîtres, petits vieux en quête de chair fraîche, leur donneront congé ou s’il leur sera nécessaire de trouver les ruses d’une émancipation temporaire pour profiter des libertinages du carnaval. Il était indispensable à la mise en scène de remettre au centre le jeu des acteurs et le rire du public, car le texte à lui seul étant trop plat et sans consistance était incapable de structurer la représentation.

Dans ce type de théâtre, où comme l’écrivait Giorgio Strehler « tout est vrai et tout est inventé, tout est imaginaire et réel en même temps », il faut créer une espèce de féerie et une véritable ambiance de fête. Et là, malgré la générosité évidente des comédiens, l’ensemble demeure sans éclat et bien peu drôle. Peut-être cela tient-il tout simplement à un manque d’unité dans la conception de la mise en scène, où alternent successivement des épisodes très réalistes et des séquences décalées d’un théâtre distancié à la manière de Brecht. Cette fragmentation casse la pièce. On n’y sent pas une cohérence d’ensemble et de ce fait, même les éléments symboliques, comme la bague, qui auraient pu apporter un peu de sens, ne remplissent pas leur rôle. Il y a certes quelques moments gracieux, mais cette comédie légère n’y rencontre pas vraiment son public.

Théâtre Artistic Athévains, 45, rue Richard Lenoir, Paris XIe. Jusqu’au 30 juin. Mardi-vendredi : 21 h ; samedi : 16 h ; dimanche : 17 h. Rés. : 01 43 56 38 32.

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