En Autriche aussi, la droite est majoritaire dans les urnes

Publié le 15 Oct 2024
Herbert Kickl Autriche

Herbert Kickl, le nouveau patron du FPÖ, mis au ban par les autres partis à cause de son message durci. / Crédits : C.Stadler/Bwag, CC BY-SA 4.0

Fin septembre, l’Autriche a procédé à ses élections législatives. Le FPÖ, parti jugé d’extrême-droite, est arrivé en tête, devançant les conservateurs, le centre gauche et les écologistes.

  Le 29 septembre, le Parti de la Liberté d’Autriche (le FPÖ) est arrivé en tête aux élections législatives avec 28,8 % des suffrages exprimés. Il devance les conservateurs de l’ÖVP (26,3 %), réduit le centre gauche du SPÖ (21,14 %) et écrase les Verts (8,24 %). Comme en France, les forces de droite décrochent la majorité absolue. Aussi assiste-t-on à une réaction similaire à celle observée dans notre pays : la gauche descend dans la rue pour dénoncer « le retour du nazisme ». Le 3 octobre, 25 000 personnes battent le pavé dans le centre de Vienne pour s’opposer à une possible alliance entre le FPÖ et l’ÖVP, comme nous l’avons vu plus haut les conservateurs. « Nous sommes de nouveau jeudi », scandent les manifestants. Ils font allusion à une autre démonstration de force, qui s’était déroulée le jeudi 19 février 2000 pour, déjà, s’insurger contre une coalition entre le FPÖ et l’ÖVP.  Mais cette fois, la force est en berne : en 2000, les porteurs de calicots étaient 250 000, le 3 octobre dernier, ils étaient dix fois moins. En Autriche plus qu’ailleurs, la gauche entre dans une hibernation agitée de spasmes sporadiques. 

Le parti des nostalgiques

Mais que représente réellement le FPÖ ? Il faut dire qu’il a été créé en 1955 par des nostalgiques du IIIe Reich. Son premier dirigeant, Anton Reinthaller, pour avoir eu des opinions marginales chez les nazis, n’en avait pas moins été général dans la SS jusqu’à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Néanmoins, il mourut en 1958 et son successeur, Friedrich Peter, insuffla un courant plus modéré dans le parti. En 1980, le remplaçant de Peter, Norbert Steger, poursuivit la politique d’accommodement et, pour la première fois en 1983, fit entrer le FPÖ dans le gouvernement. Fait notable, c’est le SPÖ, le centre gauche, qui l’avait adoubé au sein d’une coalition. En 1986, les deux partis renouvelèrent leur alliance au pouvoir. Les fantômes nazis semblaient bien oubliés. Mais en 1986, un certain Jörg Haider se fit élire à la tête du parti. Revitalisant le sentiment pangermanique et instrumentalisant le populisme, il renforça ses rangs et parvint même à devenir gouverneur de la région de Carinthie pendant deux ans. Mais ce durcissement, le…

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Alain Chevalérias

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