Reconstruire | Le bien commun : une finalité et une boussole

Publié le 06 Jan 2025
bien commun

Hilaire Belloc défendait la nécessité d’une action temporaire de l’État pour permettre le changement d’organisation économique et sociale.

> Lettre Reconstruire n° 42 (décembre 2024) | Éditorial 

  Les termes et la notion même de « bien commun » reviennent souvent dans le discours catholique. Nous rappelons dans ce numéro de Reconstruire la récente édition de La Primauté du bien commun de Charles De Koninck, un ouvrage important sur cette question, qui mérite d’être lu et travaillé. Il faut notamment signaler la remarquable et substantielle introduction de Sylvain Luquet, lequel n’a pas seulement offert une présentation de l’auteur et du livre mais propose aussi une synthèse très utile. Toujours dans Reconstruire, nos derniers articles de la rubrique « Questions de principe », qui ont présenté la vertu de justice et, plus spécifiquement la justice sociale, ont fait mention également à plusieurs reprises du bien commun politique. Dans ce numéro, nous publions aussi un article ayant trait à la question des nationalisations, abordée par le philosophe argentin Carlos Sacheri. Fidèle à la doc­trine catholique, Sacheri indique que cette question des nationalisations doit être abordée en fonction de la nature de l’activité économique. C’est en fonction des répercussions de celle-ci sur le bien commun de l’ensemble de la société que l’État pourra légitimement intervenir.

Un critère de discernement

Il ne s’agit pas ici de mettre simplement en évidence les propos d’un auteur, aussi justes soient-ils, mais de faire ressortir l’aspect suivant : le bien commun doit être le vrai critère de discernement pour déterminer, en mettant en exercice la vertu de prudence, les mesures politiques à mettre en œuvre. Il ne s’agit donc pas de satisfaire une catégorie de la population au détriment d’une autre, ni de décider de mesures qui pourraient être électoralement payantes, mais bien de viser à la justice et la paix de la société entière. Dans cette perspective, il se peut que l’autorité politique recoure aux nationalisations ou à une certaine intervention de l’État. Il reste que l’activité économique reposant essentiellement sur l’initiative et visant à la production de biens essentiellement maté­riels, cette intervention devra être limitée dans le temps, celui de créer les conditions à un libre exercice de l’économie.

La restauration de la propriété privée

Au siècle dernier, Hilaire Belloc, par exemple, dans la logique de…

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Stéphen Vallet

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