Loi naturelle et politique selon saint Thomas d’Aquin

Publié le 19 Mai 2025
Pour saint Thomas d’Aquin, la politique doit découler de la loi naturelle.

Pour saint Thomas d’Aquin, la politique doit découler de la loi naturelle.

> L’essentiel de Joël Hautebert
Alors que le débat sur l’euthanasie illustre une fois de plus la rupture croissante entre droit positif et loi naturelle, l’ouvrage de don Jean-Rémi Lanavère (csm) sur saint Thomas d’Aquin rappelle que la loi politique, loin de s’opposer par principe à la loi naturelle, en est l’expression concrète. Une invitation à redécouvrir le rôle structurant de la politique dans l’ordre moral.

  Les travées parlementaires sont aujourd’hui animées par les débats autour de l’euthanasie et du suicide assisté dont la légalisation serait une nouvelle progression dans la culture de mort. En plus du combat à mener avec force, la situation nous incite à nous pencher sur la notion de loi naturelle et son rapport avec la loi humaine. À ce titre, la lecture de l’ouvrage récent de don Jean-Rémi Lanavère, Loi naturelle et politique chez saint Thomas d’Aquin (1), enrichit notre connaissance de ce sujet capital. En cette année du huit centième anniversaire de la naissance du Docteur commun, plusieurs événements universitaires se sont tenus au sujet de son œuvre, dont une journée d’étude le 30 avril dernier à la Sorbonne, autour du livre de don Lanavère. Que ce type de sujet fasse l’objet de travaux et de discussions dans un cadre universitaire est un réel motif de satisfaction dans un contexte pour le moins morose.

Chez le docteur angélique

Se situant dans la lignée des travaux des deux dernières décennies (livre du père Daguet (2), Revue thomiste…), cette étude a pour particularité de se focaliser sur la question du rapport entre la loi naturelle et le politique dans l’œuvre du Docteur angélique. Les évolutions législatives des dernières années, ainsi que l’usage fait de la loi naturelle dans la pensée politique après la Seconde Guerre mondiale ont conduit à l’aborder prioritairement dans une perspective restrictive. Son rôle se limiterait à ériger une barrière, un garde-fou, offrant une justification théorique au refus de se soumettre à un ordre injuste du prince. Cet aspect de la question n’est évidemment pas inexact, mais l’auteur rappelle que ce n’est pas la fonction première de la loi naturelle. C’est pourquoi il l’étudie dans ses rapports avec la loi politique en se replaçant dans la pensée de saint Thomas à l’époque où ce dernier écrit. Déjà empruntée par des philosophes du droit (Michel Villey, Michel Bastit…), cette approche a pour grand mérite de nous aider à comprendre…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Joël Hautebert

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneÉditorial

Notre quinzaine : Pour un sursaut d’humanité et de dignité

L’éditorial de Philippe Maxence | La guerre frappe le golfe Persique. La situation économique est instable. Mais la nouvelle qui fait parler est celle du renvoie des éditions Grasset d'Oliver Nora par Bolloré. À côté, pourtant, le Centre national du Livre observe une baisse catastrophique et probablement irrémédiable de la lecture, dans toutes les catégories sociales et d’âge. Faisons de la lecture le premier pas d’une saine réaction, d’un sursaut d’humanité et de dignité, un acte pour sortir de la servitude volontaire.

+

humanité livre lire
Éditorial

Notre quinzaine : L’heure des saints vient toujours

Un seul juste est-il sauvé ? Les saints et les anges s’en réjouissent. Tâchons d’en faire autant, en nourrissant ainsi notre espérance. Dans la nuit de Pâques, 21 386 catéchumènes (adultes et adolescents) ont reçu la grâce du baptême. Pâques est la seule vraie nouvelle qui compte.

+

pâques saints
ÉditorialCarême

Pâques : quelle fut l’intention du Sauveur ?

Éditorial du chanoine Alexis d'Abbadie | Jésus, dans sa Résurrection, a rejeté tout triomphalisme. Quelle fut l’intention du Sauveur alors ? Certainement un enseignement profond qui est que le mystère de sa Résurrection doit avant tout se trouver et se vivre dans la profondeur de notre âme. D’où le fait que l’introït du jour de Pâques soit un chant humble, méditatif, rappelant presque le ton du carême.

+

pâques ressuscité
Éditorial

Élections municipales et créatures inférieures : l’égalitarisme en question

Éditorial du chanoine Pol Lecerf | Si quelque chose nous est dû, ce n’est jamais qu’en raison de cette générosité divine, à laquelle nous devons tout. Dieu est maître de ses dons, et il n’a pas voulu d’une monotonie uniforme, d’un nivellement égalitaire. Notre univers, si vaste et si beau, est tout au contraire une immense hiérarchie. Chaque être est unique ; unique aussi est sa place dans cet ordre divin.

+

inférieur création créature dieu
Éditorial

Notre quinzaine : La dernière bataille ?

Éditorial de Philippe Maxence | En 1956, paraît à Londres le dernier tome des Chroniques de Narnia de C.S. Lewis, sous le titre La Dernière Bataille. Derrière ce titre se trouve une raison quasiment théologique : la dernière bataille qui s’ensuivra est l’ultime affrontement entre les armées du Bien et celle du Mal. Sommes-nous entrés dans cette dernière phase ?

+

dernière bataille