Brésil : l’enterrement de Bolsonaro

Publié le 14 Nov 2022
bresil

(Brasília - DF, 07/09/2022) Desfile Cívico-Militar por ocasião das Comemorações do Bicentenário da Independência do Brasil. Foto: Alan Santos/PR

Le 30 octobre, Luiz Inácio Lula da Silva, dit Lula, est élu président de la République du Brésil avec 50,09 % des voix, devant Jair Bolsonaro, candidat sortant. Cette victoire à l’arraché est saluée sans nuances. Par Joe Biden, en tête, suivi par le chancelier allemand et par Emmanuel Macron qui parle de « nouvelle page de l’histoire du Brésil » et offre de « renouer le lien d’amitié entre nos deux pays ». Le gratin de l’Occident politique préfère parrainer un représentant de l’extrême gauche plutôt qu’un tenant du libéralisme économique. Faut-il imputer ce positionnement au programme politique de Bolsonaro ? Des privatisations En 2019, il a lancé un train de privatisations des entreprises publiques ; parmi elles des activités pétrolières et le plus grand producteur d’électricité du pays. Il a aussi permis à l’industrie agroalimentaire d’accaparer de nouvelles terres et favorisé le défrichage d’une part croissante de la forêt amazonienne. Certes, ce n’est pas bien vu des écologistes et des Indiens, dont le très médiatisé chef Raoni. Néanmoins, les milieux d’affaires, proches des capitales occidentales, devraient se montrer plus ouverts à des décisions allant dans le sens de leurs intérêts. Parmi les reproches faits à Bolsonaro, l’un pèse lourd : il aurait mal géré la campagne contre le Covid, provoquant une vague de décès sans pareil dans son pays. Sur ce sujet, certains l’accusent même de crime contre l’humanité. Il est vrai que, pour le seul Brésil, début novembre, on comptait 688 332 morts. Un chiffre impressionnant, certes, mais à comparer à la population du pays : 214 millions d’individus. Aussi la référence reste-t-elle le nombre de morts par million d’habitants. Un tableau a été publié par « Our World in Data » (« notre monde en données »), une publication en ligne réalisée par d’éminents chercheurs de l’université d’Oxford. Là aussi le bilan est lourd pour le Brésil : 3 196 morts par million d’habitants. Encore faut-il le comparer. Sur les mêmes bases, les États-Unis comptent 3 170 morts par million de résidents, la Grande-Bretagne, 3 109. Pourtant personne n’incrimine les dirigeants de ces deux pays. Du reste, la France, avec des précautions drastiques, a quand même atteint les 2 320 décès. Étrangement, on n’évoque pas non plus le cas du Pérou, voisin du Brésil, avec 6 375 disparitions par million. Ni celui de la Bulgarie dont le bilan monte à 5 591 morts. Mais un refus d’obtempérer fatal Mais alors, dans le fond, que reproche-t-on à Bolsonaro ?…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Alain Chevalérias

Ce contenu pourrait vous intéresser

International

Élections européennes et nationalismes européens

Décryptage | Les citoyens des pays membres de l’Union européenne vont voter le 9 juin pour élire le Parlement. C’est l’affolement à gauche et dans l’establishment politico-médiatique : partout les nationalistes montent dans les sondages. En France, le Rassemblement national arrive en tête. Devant même le parti présidentiel qui s’est arrogé le titre de « Renaissance ». Dans le débat d’idées, plus que jamais, deux camps se font face : la gauche et la droite. Les tenants de la première s’inscrivent dans la logique d’une Union européenne aux normes de plus en plus oppressantes. Ceux de la droite veulent au contraire une évolution vers une forme d’Europe des nations.

+

élections européennes
International

Iran-Israël : Des frères ennemis

Dans la nuit du 13 au 14 avril 2024, l’Iran lançait une offensive aérienne contre Israël avec une nuée de drones et plus de cent missiles de longue portée. Cette attaque visait des cibles militaires mais n'a pas fait de dégâts, alors qu'elle faisait suite à un premier raid israélien meurtrier le 1er avril.

+

iran
International

L’Autriche de « la culture dominante »

Fin mars, le Parti populaire autrichien (ÖVP) larguait une bombe au milieu du paysage politique. Il créait une commission afin de « définir la culture dominante » de l’Autriche. Cela ressemble à une manœuvre de rapprochement avec la tendance de l'extrême-droite, le FPO affichant 30 % dans les sondages.

+

Autriche