Encore un effort camarade
L’extrême-gauche française est en pleine mutation actuellement, dans l’espoir de trouver, enfin, le moyen de faire la grande révolution. Dans un débat avec Ségolène Royal, publié par le dernier numéro de Marianne, Olivier Besancenot répond à la question du rejet de toute forme de propriété privée.Réponse surprenante : « Vous rejetez toute forme de propriété privée ? O.B. : Le capitalisme a eu ce talent de mettre dans nos esprits sur un pied d’égalité la propriété individuelle à usage personnel ou familial (la voiture, la maison de campagne, etc.) et la propriété privée des grands moyens de production. Moi, je veux que le fruit du travail de tous revienne entre les mains de tous. »Comment ne pas être en accord avec un tel discours ? Pour un peu, on pourrait croire qu’Olivier Besancenot a lu les auteurs distributistes anglais, comme Chesterton ou Hilaire Belloc.N’ayons crainte ! Les « distributistes » anglais voulaient simplement mettre en application la doctrine sociale de l’Église telle qu’elle avait été renouvelée par Léon XIII à partir de son encyclique Rerum Novarum. Ils mettaient en cause les grandes puissances financières et industrielles qui tiraient du développement économique davantage de profits que leurs employés.Ils critiquaient fermement le renversement qui s’est opéré à la fin du XIXe siècle et qui mettait l’État sous la tutelle des puissances d’argent, qui représentaient des féodalités modernes, incontrôlables.Surtout, ils préconisaient, derrière le Souverain pontife, que la société et que l’économie se restructurent autour de la famille et que le plus grand nombre d’hommes devinssent propriétaires. Très en avance sur leur temps, ils estimaient que le premier but de la vie n’est pas de participer au développement économique pour...


