Christianisme et esclavage (4/4) : L’esclavage moderne, une réalité toujours d’actualité

Publié le 09 Avr 2025
esclavage moderne

Des enfants népalais dans une briqueterie.

> Dossier « Le christianisme face à l’esclavage »

En 2025, 50 millions de personnes sont encore victimes de l’esclavage moderne. Ce fléau mobilise de nombreux religieux qui œuvrent pour les libérer.

  On pensait l’esclavage relégué dans les livres d’histoire. Malheureusement, la réalité est bien différente. En 2025, la pratique de l’esclavage est toujours d’actualité. « Il ne faut pas croire que la traite d’êtres humains se cantonne à certains pays. Il y a de l’esclavage sur quasiment tous les continents », prévient le frère dominicain Xavier Plassat, membre de la Commission pastorale de la terre (CPT). Selon les chiffres de l’Organisation mondiale du Travail datant de 2021, 50 millions de personnes sont victimes de l’esclavage moderne. 28 millions d’entre elles sont soumises au travail forcé et 22 millions ont subi un mariage forcé. Ce chiffre a connu une augmentation de 10 millions de personnes par rapport à 2016. Face à la servitude des peuples, certaines personnes s’engagent pour leur venir en aide dont des membres de l’Église. C’est le cas du frère Xavier Plassat qui a dédié sa vie à la lutte contre l’esclavage. Le religieux français s’est installé il y a une trentaine d’années au Brésil avant de découvrir que cette pratique y était répandue, notamment dans la forêt amazonienne. Dans cette partie du monde, l’esclavage ne ressemble pas exactement à ce qu’il était autrefois. Certains grands propriétaires proposent un travail à des paysans en leur faisant miroiter un salaire décent. La réalité est tout autre. « Les travailleurs vivent dans des conditions indignes. Ils dorment sous des abris de fortune, boivent l’eau des ruisseaux et subissent la pression des tueurs à gages qui contrôlent leurs déplacements », témoigne le dominicain auprès de l’Aide à l’Église en détresse (AED). Ils sont même obligés d’acheter leur nourriture dans le magasin du propriétaire avec des prix très élevés les forçant à s’endetter et à devenir encore un peu plus redevables à leurs « maîtres ». Malgré ce traitement inhumain, les esclaves ne peuvent pas s’enfuir car « ils risquent la mort en affrontant les milices armées ou bien de se perdre dans la forêt abritant une faune et une flore hostiles », poursuit le frère Xavier. Grâce au travail de la CPT, des changements importants ont été constatés. Cet organisme informe sur la situation des esclaves et les aide, une fois libérés, à obtenir un lopin de terre et…

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Kevin Tanguy | Journaliste à l’AED

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