Compagnie du Saint-Sacrement (3/3) : Que se cachait-il derrière le sigle Aa ?

Publié le 20 Mar 2026
aa Compagnie du Saint-Sacrement

Pour être coopté dans une Aa, il fallait être assidu aux œuvres de miséricorde.

> DOSSIER n° 1851 : « La Compagnie du Saint-Sacrement : le secret est-il catholique ? »
Nées au sein des collèges jésuites, réunissant l’élite des congrégations mariales, les Aa (Associatio amicorum) furent des associations secrètes de piété, moins connues que la Compagnie du Saint-Sacrement, mais tout autant caricaturées qu’elle.

  Les Aa n’ont pas pris directement la suite de la Compagnie du Saint-Sacrement, puisque qu’elles sont nées avant l’interdiction officielle de celle-ci en 1666. En revanche, elles sont nées dans les congrégations mariales. Dans tous les collèges jésuites existait une congrégation mariale, destinée à vivifier la dévotion à la Vierge. L’appartenance à ces congrégations n’était pas obligatoire pour les élèves, mais était très largement répandue.

La première Aa

La première Associatio amicorum a été créée, en 1632 ou 1634, par le père Bagot, professeur de théologie dogmatique au collège des jésuites à La Flèche. Elle rassemblait l’élite ou, du moins, les plus zélés des membres de la congrégation mariale du collège. Sur le modèle de cette première Aa, d’autres ont été créées à Paris (1643), Toulouse, Bordeaux, Cahors, Lyon et dans d’autres villes, généralement dans les collèges jésuites, mais aussi dans certains séminaires dirigés par d’autres congrégations religieuses.  Toujours il s’est agi d’une association secrète. L’admission se faisait au cours d’une cérémonie qui ne regroupait que les membres de l’association. Ils devaient garder le secret sur leur appartenance et sur leurs pratiques. Chaque Aa fonctionnait de façon autonome, même si elles avaient des liens entre elles et utilisaient des manuels communs.

Une sélection exigeante

Au XVIIᵉ et au XVIIIᵉ siècle, les membres des Aa étaient essentiellement les grands élèves des collèges, déjà clercs, des étudiants en théologie, des séminaristes. Il y avait aussi, plus rares, des assemblées de « messieurs », c’est-à-dire des Aa qui regroupaient des laïcs. À la différence des sociétés secrètes – telle la franc-maçonnerie – marquées par un enseignement ésotérique et une initiation rituelle, le secret d’appartenance à une Aa avait une raison sociologique (les personnes de toutes conditions sociales y étaient admises) et une motivation spirituelle (l’humilité). Par principe, il était impossible d’être candidat à une Aa, puisque seuls les membres connaissaient son existence. On n’y entrait donc que par cooptation. Il y avait une sélection exigeante. On a décrit ainsi le processus d’admission :

« Après examen de son caractère, de son affection pour les œuvres de miséricorde, de son aptitude…

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Yves Chiron

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