Présidente de la Confédération des Associations familiales catholiques (AFC), Pascale Morinière, médecin et mère de famille, réagit au choix de la SNCF de mettre en place des wagons sans enfants et analyse sa signification pour la société française pourtant confrontée à un effondrement démographique. Entretien.
| Comment avez-vous réagi à l’annonce de la SNCF d’aménager des wagons interdits aux enfants ?
Cette mesure vient s’ajouter à de nombreuses autres qui construisent un climat particulier où les enfants sont considérés comme gênants et donc indésirables dans certains lieux publics. On le voit aussi dans la publicité. Les enfants sont vus comme importuns alors même que l’effondrement de la natalité devrait au contraire mener à un sursaut en faveur de leur accueil. Cet effondrement a déjà des conséquences très concrètes. Les voitures familiales, les jouets et la puériculture sont désormais des secteurs en difficulté. On s’est mis à fermer des classes. 5 000 d’entre elles ont été fermées à la rentrée 2025 dans le primaire, en lien avec la diminution d’environ 100 000 élèves. Dans un contexte où la natalité n’a jamais été aussi basse, il faut au contraire créer une atmosphère pro-famille et pro-enfants, afin d’encourager les naissances.
| Que dit cette polémique du rapport à l’enfant de notre société ?
Cette polémique montre que la population française vieillit à vue d’œil. Les adultes et les personnes âgées ne veulent pas être dérangés. Notre société crée donc des espaces calmes, des « camps retranchés », sans bruit ni agitation, donc sans enfants. Nombre de mesures prises sont tournées vers le passé et non vers l’avenir : par exemple, les bénéfices de la branche Famille de la Sécurité sociale ne sont pas consacrés aux familles mais servent à compenser les déficits des branches Vieillesse et Maladie.
| Le problème n’est-il pas aussi que l’enfant est devenu un « projet » ?
Nous arrivons à l’aboutissement d’un processus bien présent depuis un moment. Aujourd’hui, on choisit d’avoir des enfants. L’organisation du monde postmoderne qui donne la priorité à la réussite matérielle alors que la fécondité est très maîtrisée conduit à un report sine die de l’accueil des enfants. Par conséquent, le nombre d’enfants a beaucoup diminué. Nous avons beaucoup moins l’habitude d’avoir des enfants autour de nous.
La polémique autour de lieux sans enfants soulève aussi le problème de…







