Le mystère Michéa

Publié le 14 Fév 2026
livre Michéa
Dans un nouvel ouvrage, rassemblant deux entretiens consistants réalisés pour le public américain, Jean-Claude Michéa revient sur sa critique du libéralisme, sa défense des classes populaires et de la décence ordinaire. Passionnant et décevant tout à la fois.

  La lecture d’un ouvrage de Jean-Claude Michéa apporte toujours son lot de (bonnes) surprises et de déceptions. Son dernier livre, Conversations américaines, n’échappe pas à la règle. Il propose, dans une traduction française adaptée, deux entretiens menés par Michael C. Behrent, un universitaire américain, traducteur des œuvres de Michéa aux États-Unis et qui a voulu rendre plus compréhensible pour ses concitoyens la pensée toute en finesse du philosophe français. Le résultat, assez étonnant, constitue sur le mode de l’échange une sorte d’introduction à la pensée de Michéa qui pourra être utile, en retour, aux lecteurs français soucieux de la découvrir. 

Disciple d’Orwell

George Orwell press photo michéa

George Orwell (1903-1950) dont Jean-Claude Michéa se veut le disciple.

Philosophe engagé, résolument accroché à sa province, Jean-Claude Michéa déploie depuis des années une réflexion forte qui s’est insérée dans le sillon ouvert par Orwell. De ce dernier, il ne se contente pas de quelques citations, tirées de 1984 ou de La Ferme des animaux. Il le rejoint dans une certaine vision du socialisme et, plus largement, de la gauche. Plus fortement encore, il en épouse l’inquiétude face au totalitarisme et défend une vision identique des vertus de l’homme ordinaire et de la « common decency » (décence ordinaire ou commune). À ces divers titres, Michéa ne se console pas du virage opéré par la gauche française qui, en 1983, s’est rendu au libéralisme économique pour évoluer jusqu’aujourd’hui vers le projet d’une France plurielle, créolisée ou en tous les cas « créolisable », selon les vœux affichés de Jean-Luc Mélenchon et de LFI, et théorisée par Terra Nova en 2011.


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Des points de convergences

Il y a avec Michéa des points de convergence étonnants. Notamment lorsqu’il insiste sur l’unité du libéralisme qu’il soit culturel et moral ou économique. C’est bien la même logique qui est à l’œuvre. Elle revient « à considérer l’être humain comme un “individu indépendant par nature” (à…

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Philippe Maxence

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