Exposition : Georges Desvallières (1861-1950)

Publié le 18 Avr 2016
Exposition : Georges Desvallières (1861-1950) L'Homme Nouveau

Georges Desvallières, le co-fondateur (avec son ami Maurice Denis) des Ateliers d’art sacré, est à l’honneur au Petit Palais avec une belle rétrospective de son travail. Rarement montrées, ces 90 œuvres témoignent de ses dons de dessinateur particulièrement brillants dans la représentation de l’anatomie masculine. Ses puissantes peintures d’hommes aux corps d’athlètes sont illustrées par un monumental pastel de 1894 représentant des Joueurs de balles. Issu d’une famille aisée et cultivée (son grand-père est l’académicien Ernest Legouvé), il est peu porté sur les études mais manifeste des dons pour le dessin (superbe fusain de 1889, L’homme à la cigarette). Il se forme d’abord auprès de Jules Elie Delaunay, puis avec Gustave Moreau dont l’œuvre symboliste l’inspire beaucoup.

Rencontrant Huysmans puis Léon Bloy par l’intermédiaire de Georges Rouault dont il reçoit aussi des influences picturales, en 1904, il se convertit lors d’une visite à Notre-Dame-des-Victoires et peint de plus en plus de sujets religieux. En 1914, à 53 ans, il abandonne la peinture pour incorporer le 6e bataillon des chasseurs à pied. Deux de ses fils sont mobilisés. Le plus jeune, Daniel, âgé de 17 ans, est fauché par un tir d’obus. Desvallières fait le vœu de consacrer sa peinture à Dieu.

Il désire lutter contre l’académisme et l’imagerie saint-sulpicienne qui envahit les églises de son temps, et plaide pour un rapprochement entre « figures profanes et apparitions mystiques ».

Parmi ses réalisations, la très émouvante Flamme sous l’arc de triomphe (1925), les cartons des vitraux de l’ossuaire de Douaumont (1927 à 1930) et le chemin de croix de l’église du Saint-Esprit (1933-1937) à Paris, témoignent de sa foi qui lui faisait dire : « Certes, il y a la croix, la croix toujours mais aussi la résurrection, mais aussi le Ciel ».

Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris, Avenue Winston Churchill, 75008 Paris Tél. : 01 53 43 40 00. Jusqu’au 17 juillet. Ouvert du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Fermeture des caisses à 17 h, fermeture des salles à partir de 17 h 45. Nocturne le vendredi jusqu’à 21 h uniquement pour les expositions temporaires. Fermé le lundi et certains jours fériés.

Ce contenu pourrait vous intéresser

CultureLectures

Jeunesse : Belles Histoires d’apparitions des anges

Recension jeunesse | Dans cette page de recensions jeunesse, un choix éclairé de quelques albums pour enfants, notamment Belles Histoires d’apparitions des anges de Blanche Rivière, ou romans pour adolescents, comme la réédition de Le Saphir étoilé de Laure Angélis (Téqui). À retrouver dans le n° 1846.

+

enfant lecture
CultureArt et Patrimoine

L’exposition : Momies

Jusqu’au 25 mai 2026, le Musée de l’homme consacre une exposition aux momies, révélant les rites, techniques, et croyances qui leur sont liées. Parmi celles conservées au muséum, neuf sont exposées au public et recontextualisées.

+

momies
CultureArt et Patrimoine

Centenaire de Gaudí (3/4) : Le catholicisme catalan, fondement spirituel de Gaudí

DOSSIER « Antoni Gaudí, centenaire d’un bâtisseur de Dieu » | L’œuvre de Gaudí ne surgit pas ex nihilo : elle s’enracine dans un catholicisme catalan plusieurs fois séculaire, façonné par la Reconquête, nourri par Montserrat et défendu jusqu’à l’époque moderne. Comprendre ce terreau spirituel éclaire l’inspiration profonde de la Sagrada Família et la cohérence théologique de son architecture.

+

gaudi catholicisme catalan