Un cadeau de Noël

Publié le 20 Déc 2025
crèche noël

© Al Elmes/Unsplash

> Carte blanche de Judith Cabaud

  Depuis le récit du péché originel, le rapport de forces entre l’homme et Dieu est à l’origine de la plupart de nos maux. Dans Le Paradis perdu, le poète anglais John Milton (1608-1674), décrit la scène après la faute, suivie de l’offrande du Fils rédempteur pour nous sauver. Voilà l’humanité errante sur les chemins.  Après une si longue attente, l’ère du peuple de Dieu dominé par des puissants, des tyrans et des orgueilleux touche à sa fin. Une étoile apparaît au-dessus du « lieu où était le petit enfant », à Bethléem en Judée, où affluent dans le secret des anawim, les « pauvres de Yahvé », les humbles et les doux qui attendent cet avènement prophétisé dans l’Ancien Testament. Parmi eux se trouvent la Vierge Marie, le charpentier Joseph et les âmes de bonne volonté, ceux qui sont ployés sous le fardeau de la vie. Comme l’écrit Saint Paul : « Ce qui est d’origine modeste, méprisé dans le monde, ce qui n’est rien, voilà ce que Dieu a choisi pour détruire ce qui est, afin que personne ne puisse s’enorgueillir devant Dieu » (1 Cor 1, 28). Dans les livres deutérocanoniques, les anawim sont identifiés : « Tu es le Dieu des humbles, le secours des petits, le protecteur des faibles, le sauveur des désespérés » (Jdt 9, 11). Le Messie promis fera justice en distinguant riches et pauvres, doux et violents. Et dans les psaumes : « Qui est comme toi, Seigneur, pour arracher un pauvre à plus fort que lui ? » (Ps 34, 10) Dans l’Évangile, les anawim, pauvres de cœur, sont riches en Dieu, détachés des biens matériels qui tendent à éloigner de Dieu. Ces pauvres, présents dès le premier jour à la crèche de Bethléem – les bergers avec leurs troupeaux, et les Rois mages avec leurs cadeaux précieux – se retrouvent comme dans l’Évangile, avec la prostituée qui verse du parfum sur les pieds de Jésus, le publicain, la veuve ou alors les amis Lazare et ses sœurs vivant pourtant dans l’aisance à Béthanie. Ce sont des saints, ces anawim méprisés par les autorités publiques, qui renoncent au pouvoir et à la facilité. Ils dépendent entièrement de Dieu. Ensemble, ils forment l’humus de la terre, préparé par le jardinier Très-Haut qui nous envoie son Fils rédempteur. Leurs opposants, Hérode et les pharisiens, croient au pouvoir absolu de l’homme. Leur messie doit être un conquérant.…

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Judith Cabaud

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