L’exposition : Louis Janmot. Le Poème de l’âme 

Publié le 06 Oct 2023
L'exposition : Louis Janmot. Le Poème de l’âme. Orsay

Louis Janmot. Le Poème de l’âme. Musée d'Orsay

Au Musée d’Orsay, une surprenante exposition d’œuvres religieuses est donnée à contempler, surprenante car on est plutôt habitué à y voir des œuvres laïques… Le peintre et poète Louis Janmot (1814-1892) est mis à l’honneur. Et c’est autour du grand cycle de peintures attaché à un long poème (1814 vers) qu’il rédigea, que se déploie le parcours.  

Cet ensemble est présenté pour la première fois dans sa totalité. Deux séries se succèdent autour de l’histoire d’une âme, de sa naissance – créée au Ciel –, à son retour en Paradis grâce à la miséricorde divine. Profondément catholique, cet élève d’Ingres, remarqué par Delacroix, est à la croisée de plusieurs courants artistiques. 

Accueilli par un autoportrait de jeunesse, le visiteur découvre le visage tourmenté à la manière des Romantiques de ce Lyonnais qui était gaucher. Il dessine avec brio et peint habillement. Dans un premier temps, dix-huit peintures à l’huile harmonieuses, parfaitement composées et réalisées entre 1835 et 1854, illustrent la vie d’un jeune garçon vêtu d’une longue robe vieux rose, accompagné d’une jeune fille en blanc. Au premier coup d’œil, ces œuvres peuvent paraître un peu douceâtres, mais il en émane une certaine dévotion qui témoigne de leur authenticité. Des réminiscences d’Ingres mais aussi de Raphaël ou de Fra Angelico sont perceptibles. D’autres toiles du cycle sont insolites, plus inventives et presque surréalistes ainsi Le Mauvais sentier où les deux enfants, innocents, montent un escalier bordé d’un mur percé de niches habitées « d’hommes vêtus de noir »… 

Le deuxième cycle réalisé au fusain comporte seize dessins sur papier marouflé sur toile. Les inquiétudes, les tentations, dont celle du désespoir représenté sous la forme d’un fantôme entièrement voilé et noir, sont perceptibles… Mais grâce à la foi, l’homme connaît la rédemption. Et la dernière scène, Sursum corda, qui rappelle certaines compositions de Fra Angelico, montre l’homme délivré et accueilli au Ciel par Beatrix de Dante. 

Un gigantesque travail, très sincère mais peut-être parfois un peu trop descriptif au risque de lui faire perdre sa dimension poétique et inspirée. 

À ne pas manquer ! 

 


Jusqu’au 7 janvier 2024.  

Musée d’Orsay, Esplanade Valéry Giscard d’Estaing, 75007 Paris. Tél. : 01.40.49.48.14. 

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9 h 30 à 18 h, le jeudi jusqu’à 21 h 45. Cette exposition est organisée par les musées d’Orsay. 

Catalogue : Louis Janmot, Le Poème de l’âme. Sous le direction de Servane Dargnies-de Vitry et de Stéphan Paccoud, Éd. Musée d’Orsay/In Fine Éditions d’art, 192 p., 35 €. 

 

>> à lire également : Trésors médiévaux du Victoria and Albert Museum 

Céline Vicq

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneCultureHistoire

Général Pau, un chef « bienveillant »

C’est tout à l’honneur du colonel Rémy Porte d’avoir rendu justice dans son dernier livre au général Pau. Officier brillant, catholique pratiquant et affiché en ces temps de laïcisme et d’anticléricalisme violents, Paul Pau était un modèle pour ses subordonnés.

+

1920 General Paul Pau e1788509732211 général pau
CultureÉducation

Les humanités, toujours d’actualité !

Le débat récurrent sur les humanités et les langues anciennes vient de rebondir avec le dernier livre de Caroline Fourgeaud-Laville. Agrégée de lettres classiques et attachée à la transmission du grec ancien, l'auteur démontre que ces disciplines méprisées et en voie de disparition ont toujours toute leur place dans la formation de nos jeunes contemporains.

+

livre humanités grec
À la uneCultureHistoire

Saint Louis (8/8) : Antidote au désordre moderne

DOSSIER n° 1859 « Saint Louis : un immense héritage spirituel, moral et politique » | Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, seulement 27 ans après sa mort. Sa réputation de sainteté, déjà, le précédait, chez les puissants comme chez les petits. Saint Louis fut grand, d’abord, parce qu’il incarnait un ordre. Louis IX fut canonisé en 1297 par le pape Boniface VIII, seulement 27 ans après sa mort. Sa réputation de sainteté, déjà, le précédait, chez les puissants comme chez les petits. Saint Louis fut grand, d’abord, parce qu’il incarnait un ordre.

+

saint louis