L’exposition : Revoir Cimabue. Aux origines de la peinture italienne

Publié le 21 Mar 2025
Cimabue

Cimabue, La Flagellation du Christ © The Frick Collection.

Le Louvre consacre pour la première fois, une exposition sur l’artiste italien du XIIIe siècle Cimabue. Celui-ci sut s’inspirer de l’art byzantin tout en innovant dans la technique et les représentations, devenant un précurseur de la peinture italienne. Jusqu’au 12 mai.

 

À l’occasion de la restauration de la Grande Maesta du Louvre du peintre Cimabue (v. 1240-1302), et de celle de la Dérision du Christ (récente acquisition du musée), une exposition de taille modeste – environ 40 œuvres –, démontre l’apport du maître à l’histoire de la peinture occidentale. Peu d’éléments concernant sa vie nous sont parvenus. Il est cité par Dante comme le plus grand artiste avant Giotto.

Dans les dernières décennies du XIIIe siècle, la peinture italienne connaît une évolution grâce aux réalisations de ce peintre. Avant son regard novateur, les représentations picturales étaient extrêmement marquées par l’art byzantin et ses icônes. Cimabue subit aussi ces influences mais il y ajoute des innovations observant probablement celles du sculpteur Nicola Pisano (1220 env.-1284 env.) dont le visiteur découvrira une belle réalisation (Trois Acolytes : support du tombeau de saint Dominique, église San Domenico, Bologne). 

La peinture de Cimabue présente des détails étonnants. Ainsi sur la Grande Maesta, au centre de la présentation, l’Enfant Jésus sur les genoux de sa mère sert très fort de sa petite main un rouleau de parchemin. Ce geste ayant une dimension réaliste tout à fait nouvelle, montre l’aspect plus incarné de son expression. Une certaine perspective est aussi visible sur le trône de la Vierge.

Par ailleurs, le nettoyage de cette imposante peinture a permis de redécouvrir des détails cachés par de nombreux repeints. On découvre combien Cimabue était attentif à son époque. Il insère des décorations byzantines et islamiques dans ses bordures, créant de pseudos inscriptions arabes comme sur la sculpture de Nicola Pisano… 

Autour de ce chef-d’œuvre d’autres splendides tableaux sont donnés à contempler.

À ne pas manquer !

 


Du 22 janvier au 12 mai 2025

Musée du Louvre. Aile Denon.
Réservation obligatoire pour la visite.

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 9h à 18h ; mercredi et vendredi jusqu’à 21h.

Catalogue d’exposition : Cimabue. Aux origines de la peinture moderne en Occident

products 695390 e1742395392721 cimabue

 

>> à lire également : Des lectures spirituelles pour le Carême

 

Céline Vicq

Ce contenu pourrait vous intéresser

CultureIls n’ont rien lâché

Ils n’ont rien lâché (5/6) | Le séminariste qui voulait tuer Hitler

HORS-SÉRIE « Des martyrs aux dissidents : Ils n’ont rien lâché » | Il est peu connu. Pourtant, il est l’un des premiers à avoir deviné l’impact tragique d’Hitler dans notre Histoire. En fervent catholique, le Suisse Maurice Bavaud a essayé plusieurs fois sans succès de l’assassiner avant que le Führer ne mette ses plans à exécution. Un concours de circonstances fait qu’il est arrêté, sans jamais avoir pu réussir son projet de « tyrannicide ».

+

bavaud cimabue
CultureIls n’ont rien lâché

Ils n’ont rien lâché (3/6) | Cristeros : les chouans du Nouveau Monde

HORS-SÉRIE « Des martyrs aux dissidents : Ils n’ont rien lâché » | Voici le fait, l’évènement brut et formidable que les histoires contemporaines du Nouveau Monde n’ont encore jamais rapporté : de 1926 à 1929, dans les États-Unis du Mexique, tout un peuple chrétien armé de machettes et de vieux tromblons affronte au chant du Christus vincit des régiments de ligne fédéraux, qui arborent le drapeau noir aux tibias entrecroisés et crient Viva el Demonio ! On les appelle les Cristeros.

+

cristeros