Islam, christianisme et démocratie : quelles relations ?

Publié le 14 Juil 2023
démocratie

Protestation d'un derviche tourneur à Istanbul

Comment le christianisme et l’islam se situent-ils par rapport à la démocratie promue en Occident comme le régime dominant voire le modèle indépassable ? La ligne de fracture semble nette du côté des pouvoirs inféodés à l’islam, tandis que le christianisme s’est rapproché après guerre de la démocratie. Toutefois le pape Jean-Paul II devait dénoncer plus tard l’alliance entre la démocratie et le relativisme éthique qui l’oblitère.   Quelles relations entretiennent les grandes religions monothéistes que sont l’islam et le christianisme avec la notion politique de démocratie ? Les grands principes de la démocratie sont-ils consubstantiels à l’islam et au christianisme ou ces religions majeures ne font-elles que des concessions à la démocratie, parce qu’il faut bien, de fait, vivre ensemble dans un espace démocratique, reconnu comme l’espace politique le plus viable ou le moins vicieux à l’époque moderne et contemporaine ? Pour éclairer le sujet, il faut bien voir qu’il existe deux manières d’envisager ces relations avec la démocratie. La démocratie est-elle un ensemble de règles qui traversent l’islam et le christianisme eux-mêmes ou bien est-elle un ensemble de règles de vie politique qui structurent nos sociétés modernes dans lesquelles s’inscrivent les religions de l’islam et du christianisme ? Car, il se peut fort bien qu’une religion ne fonctionne pas (seulement) selon un modèle démocratique, mais admette néanmoins les principes politiques de la démocratie, les valorise comme une bonne chose pour la vie en société et son développement. Qu’en est-il donc pour les deux grands monothéismes que nous interrogeons ici ? Islam et démocratie Quelles que soient les difficultés à définir la notion de démocratie, l’islam a dû se situer par rapport à cette notion politique, tant il est vrai que les progrès humains réalisés au sein de la démocratie sont nombreux. Celle-ci est donc devenue une référence obligée en raison du développement qu’elle apporte aux sociétés. Pourtant, on lit souvent l’affirmation selon laquelle islam et démocratie seraient inconciliables par essence. En 2011, les processus démocratiques des révolutions tunisienne et égyptienne avaient temporairement délégitimé cette interprétation. Hélas, l’essoufflement de la libéralisation politique, la montée en puissance des partis islamistes, la reprise en main autoritaire des régimes observée ici et là (Égypte, Irak, Syrie et Turquie), et surtout le spectre effrayant de la menace jihadiste lui ont donné une nouvelle crédibilité. Et si Samuel Huntington avait raison ? Son constat abrupt et sans appel, « islam has not been hospitable to…

Pour continuer à lire cet article
et de nombreux autres

Abonnez-vous dès à présent

Hubert Borde, Chercheur en sciences sociales et philosophie politique (Paris).

Ce contenu pourrait vous intéresser

À la uneSociétéFin de vie

La Fondation Jérôme Lejeune mobilise contre l’euthanasie

Lancée au début du mois de décembre par la Fondation Jérôme Lejeune, la pétition « Euthanasie : ne nous laissons pas abattre ! » a mobilisé en quelques semaines plus de 12 000 signataires. Ce chiffre n'est pas un simple indicateur de mobilisation : il dit quelque chose de plus profond sur l'état du débat public français autour de la fin de vie et il appelle à être amplifié, par la signature et le relais de cette pétition, alors que le calendrier parlementaire s'accélère.

+

fondation Lejeune euthanasie
À la uneSociétéAgriculteurs

Colère paysanne et hiver agricole

Alors que notre agriculture traverse les jours les plus noirs de son histoire, l’abattage stalinien des bovins et la violente répression para-militaire l’accompagnant ont choqué la France entière. Pendant ce temps, le ministère de l’Agriculture continue à se partager entre surdité et absurdité.

+

crise agricole paysan
SociétéÉducation

L’école catholique sous contrat pourra-t-elle rester catholique ?

L’Essentiel de Thibaud Collin | L'entrée en vigueur de l'EVARS place les établissements catholiques sous contrat devant une contradiction majeure : enseigner une anthropologie contraire à la foi ou assumer un affrontement avec l'État. Ce programme, obligatoire dès la maternelle, interroge la possibilité, même pour une école catholique, de rester fidèle à son identité et à sa mission.

+

école catholique evars