Transmettre le patrimoine vivant, un défi pour la France

Publié le 22 Oct 2025
patrimoine
Photo TM patrimoineMalgré les difficultés et la disparition d’un tiers des événements en cinq ans, les Français restent profondément attachés à leurs traditions festives. Thomas Meslin, cofondateur de l’association « Les Plus Belles Fêtes de France », défend ce patrimoine culturel immatériel et veut lui redonner visibilité et dynamisme grâce à un label national et un soutien accru aux bénévoles. Entretien.

 

| À l’heure où les Français sont de plus en plus seuls et se divisent au niveau politique, la fête reste un moyen de convivialité et d’unité. Quelle est l’importance de notre patrimoine culturel immatériel (PCI) et pourquoi les Français y tiennent-ils ?

Le patrimoine culturel immatériel, que j’appelle aussi patrimoine vivant, est une partie de notre patrimoine français. Le champ du PCI est immense : les gens n’ont parfois même pas conscience qu’ils le font vivre car cela peut être une tradition très locale. Nous avons choisi la fête pour le mettre en valeur car elle regroupe plusieurs composantes du patrimoine culturel immatériel : des savoir-faire qui sont l’expression d’une vie en communauté, comme les danses, les costumes, les musiques, les recettes, les langues… Ce patrimoine peut paraître plus vivant dans les régions qui ont une forte identité régionale, mais il existe partout. Dans une France de plus en plus fracturée, notamment concernant la culture et le patrimoine, la fête reste ce lieu de convivialité et de cohésion où habitants et visiteurs peuvent se mélanger : nous n’avons pas choisi les autres, nous ne mettons peut-être pas le même bulletin dans l’urne, mais nous partageons des modes de vie et des traditions locales. C’est un espace d’insouciance, un événement positif où l’on est joyeux de se retrouver et de partager. Dans une société égoïste et commerciale, la fête est l’occasion de donner de son temps comme bénévole. Il y a aussi une notion de transmission, de lien avec les générations précédentes. C’est une affaire familiale : les bénévoles ont vu leurs parents s’engager avant eux, nos parents nous ont emmenés petits et nous emmènerons nos enfants plus tard. La fête nous rattache à notre lieu de naissance ou de vacances, c’est un événement qui nous relie à notre territoire et à ses habitants. Les Français sont très attachés à leurs traditions. Et aujourd’hui, de nombreux jeunes cherchent à les découvrir en faisant le tour des fêtes de village partout en France.  

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Marguerite Aubry

Marguerite Aubry

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