Jubilé de saint François (3/3) : Le Tiers-Ordre, l’autre visage du franciscanisme

Publié le 23 Oct 2026
franciscain tiers-ordre Saint François

Saint Elzéar et la bienheureuse Delphine présentés au Christ par saint François d’Assise, Claude François.

> DOSSIER « Un jubilé pour méditer saint François » 
Capture decran 2026 10 22 a 15.12.25 copie tiers-ordreSi l’on s’attarde naturellement sur les deux ordres fondés par saint François, on néglige trop souvent le monument qu’est le Tiers-Ordre franciscain. C’est une foule innombrable de gens ordinaires et moins ordinaires, à travers les siècles, qu’a inspirés l’idéal du Poverello d’Assise. Entretien avec Pierre Moracchini, historien spécialiste de la famille franciscaine.

 

| À quel moment peut-on rapporter la fondation du Tiers-Ordre franciscain ?

Avant même l’arrivée de saint François d’Assise, s’était peu à peu mis en place en Occident un vaste mouvement de laïcs désireux de vivre davantage leur vie chrétienne sans pour autant devenir des moines ou des moniales, c’est-à-dire sans quitter leur femme ou leur mari ni renoncer à leur vie de famille : on l’a appelé le mouvement pénitentiel. Ces hommes et ces femmes se réunissaient par petits groupes ou en communautés, selon des formes très diverses, et suivaient certaines règles de vie. Parmi ces dernières, l’une finit par s’imposer et donner une forme institutionnelle durable aux pénitents : le Memoriale propositi. Son nom complet est d’ailleurs : Memoriale propositi fratrum et sororum de Poenitentia in domibus propriis existentium, « Mémoire du propos de vie des frères et sœurs de pénitence vivant dans leurs propres maisons ».  

| Que contient ce document ?

Il dessine très concrètement la vie quotidienne du pénitent, les règles qu’il doit observer, à commencer par le vêtement qui doit être très sobre, presque fruste. Il précise également les offices et prières qui rythment la journée, ainsi que les jeûnes et abstinences qui s’ajoutent à ceux déjà imposés par l’Église. On y trouve aussi l’aumône, l’aide aux pauvres, le souci de la justice et de la paix, le sens du travail sans oublier l’esprit de fraternité. La fameuse réunion mensuelle que pratiquent encore aujourd’hui les tertiaires y est déjà évoquée. Tous les aspects de la vie sont concernés, en fin de compte, jusqu’au cas des « sœurs enceintes », qui peuvent être dispensées du jeûne ! En somme, les pénitents restent dans le monde mais ils cherchent à lui donner une place relative au regard de leurs fins dernières.  Remarquons surtout que, dans ce texte, il n’est question ni de François ni des Frères mineurs. Ce n’est que progressivement que ces petits groupes, déjà constitués, vont se rapprocher de l’ordre de saint François,…

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Propos recueillis par Marie Piloquet

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