Christ-Roi 3/4 : la République sans Dieu

Publié le 01 Déc 2022
Infirmier Catholique IIIème République

Depuis la fin des années 1870, la IIIe République n’a eu de cesse de déchristianiser la France. L’école, les associations, les congrégations en font successivement les frais, la guerre de 14 n’ayant que temporairement fin à cette agressivité. La situation de l’Église en France a bien de quoi inquiéter Pie XI au moment où il est élu pape.   Au moment où le pape Pie XI récemment élu publie son encyclique Ubi arcano Dei consilio de décembre 1922, les catholiques français semblent mieux intégrés dans la République. Mais ils sont encore très marqués par presque un demi-siècle d’hostilité laïque, laïciste et anticléricale, ces trois adjectifs quasi équivalents exprimant l’anticatholicisme fondamental des débuts de la IIIe République. Gambetta, avec son célèbre « le cléricalisme, voilà l’ennemi » (4 mai 1877), désigne le catholicisme et les catholiques comme les ennemis à abattre pour qu’advienne la République. Il ne s’agit pas ici de disserter sur une définition philosophique, juridique ou religieuse de la laïcité ; mais de rappeler modestement que la laïcité historique des années 1880-1900 a été une laïcité de combat et d’un combat multiforme contre les catholiques français. Le mot laïcité lui-même est inventé et défini dans la deuxième moitié du XIXe siècle, notamment par Ferdinand Buisson, en lien avec la question scolaire. Car cette laïcité concerne d’abord l’école, enjeu fondamental pour les républicains et les catholiques. Les enfants sont massivement scolarisés en 1876, mais mal scolarisés pour les républicains qui veulent « arracher l’âme de la jeunesse française » aux catholiques et « séparer l’école de l’Église » pour laïciser en profondeur la société française. Tel est le sens des lois scolaires à partir de Jules Ferry : il s’agit de laïciser programmes, locaux et personnels. Certes Ferry maintient la liberté scolaire, par prudence et condescendance (pour lui le catholicisme face aux Lumières de la raison va progressivement s’éteindre). Mais le combat est inégal car seule l’école primaire publique est gratuite. Et elle y impose, selon Paul Bert, alter ego de Jules Ferry, au ministère de l’Instruction publique, « une pensée unique… une foi commune», bref une religion de substitution : « C’est cette religion de la Patrie, c’est ce culte et cet amour à la fois ardent et raisonné, dont nous voulons pénétrer le cœur et l’esprit de l’enfant, dont nous voulons l’imprégner jusqu’aux moelles » (6 août 1882). Car l’école ne peut pas être neutre. Mgr Freppel affirme en 1882 que…

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Éric Picard

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