L’amour doit remplacer le culte de la Raison

Publié le 18 Mai 2024
maires pour le bien commun principes de politique raison

Il serait temps de lever la tête pour lire sur les frontons de nos monuments, à la place de nos slogans républicains : Aimez-vous les uns les autres. © François GOGLINS, CC BY-SA 4.0

Au XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières souhaitèrent réécrire et corriger les Dix Commandements en faisant appel à la raison. Le respect, la liberté, la justice, la tolérance, entre autres choses, sont les principes de base qui devraient gouverner le comportement humain. Qui dirait le contraire ? Le développement de la machine de la laïcité fonctionne bien, au moins sur le papier. Pourtant, de nos jours où ces valeurs humaines semblent être évidentes pour presque tout le monde, la civilisation est clairement en crise. Depuis le Dieu de l’Ancien Testament qui dicta sa loi humaine et divine à Moïse, les hommes ont trouvé le moyen d’interpréter ces commandements à leur guise. Par des procédés légalistes et juridiques, ils se sont emparés du contrôle de la vie de leurs semblables des mains du Créateur. Cependant, on découvre que tout n’est pas explicable par la raison. Trop de choses nous échappent. Le prophète Isaïe nous le fait remarquer quand les mots sortent de la bouche du divin : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is 55, 8). C’est la logique du Dieu créateur que même Voltaire a dû reconnaître, ne serait-ce que pour remonter son horloge. Le mystère qui entoure la Providence du Très-Haut a voulu que ce Créateur s’incarne et que Jésus Fils de Dieu fait homme nous guide sur la route. Nos consciences turbulentes réagissent d’une génération à l’autre et contestent les acquis des précédentes. Nos recherches philosophiques et matérialistes nous font comprendre nos propres erreurs. On se heurte aux murs des raisonnements édifiés pendant des siècles. La plus belle preuve de cette prise de conscience se présente aujourd’hui par le nombre croissant de baptêmes d’adultes et d’adolescents en France et dans le monde. L’anticléricalisme de nos aïeux n’a plus le vent en poupe. Douze mille baptêmes de personnes adultes dans la nuit pascale en France, et une pléthore d’inscriptions au pèlerinage de Chartres sont des signes d’un ras-le-bol de nos rites à la déesse Raison. En ce qui concerne la tendance à la conversion des personnes de religions non chrétiennes, ce n’est encore une fois pas un hasard ou une méthode d’évangélisation qui est responsable de ce succès. À l’heure actuelle, la plus grande qualité de l’Église catholique reste l’humilité, à l’instar des apôtres qui ne se glorifiaient pas du raz de marée des conversions à la première Pentecôte. Au contraire,…

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Judith Cabaud

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