Léon XIV à Madrid : qui étaient Thomas de Villeneuve et Turibe de Mongrovejo, ces saints qui ont marqué le Pape ?

Publié le 17 Juin 2026
pape Léon XIV Madrid
Lors de la veillée avec les jeunes à Madrid le 6 juin dernier, Léon XIV a répondu à leurs questions, comme il l’avait fait à Monaco en mars dernier. 

 

La première question portait sur les saints qui l’ont marqué. Outre saint Augustin, maître incontournable, le Pape en cite deux.

Saint Thomas de Villeneuve

Tout d’abord saint Thomas de Villeneuve, de Salamanque, prédicateur de Charles Quint, directeur d’âme efficace. Sa prudence lui valut d’être nommé provincial de son Ordre. Évêque de Valence en 1544, après avoir refusé celui de Grenade. Presque sexagénaire, il s’attela à une besogne difficile. Prélat pauvre, ingénieux à tirer parti de tout pour donner aux plus démunis, il excella tellement dans son ardent amour des pauvres qu’il n’eut pas de lit pour lui.

Sévère quand il le fallait, il savait pourtant patienter pour ramener les égarés dans le droit chemin. Combien de brebis perdues il sauva, et de quelles ronces ! Il se flagellait jusqu’au sang pour les guérir. Ayant donné aux pauvres tout son argent, il mourut au moment de la communion eucharistique, le jour de la fête de la Nativité de Notre-Dame.

Saint Turibe de Mongrovejo

Le troisième saint qui marqua profondément l’esprit du Pape est saint Turibe de Mongrovejo, espagnol et missionnaire au Pérou. Porté à la piété dès son enfance, en particulier envers Marie, il se mortifia au point qu’il fallut plus d’une fois le modérer. Bienfaiteur des pauvres toute sa vie, aussi bien quand il fût grand Inquisiteur à Grenade que lorsqu’il devint archevêque de Lima.

Quand il y arriva, le pays était dans un état déplorable et le clergé scandaleux. Saint Turibe se dépensa au milieu de mille dangers, jeûnant et priant pour que ses efforts soient couronnés de succès. Les persécutions ne lui furent pas épargnées de la part de ceux qui voyaient leurs désordres condamnés. Turibe organisa des synodes diocésains et provinciaux, fonda des séminaires, des églises, des hôpitaux. Il combattit la peste par des processions et des prières publiques. Il prêchait et catéchisait avec un zèle infatigable, renouvelant ainsi la face de l’Église du Pérou. Il mourut le 23 mars 1606.

La vie du Pape au Pérou

La deuxième question portait sur la vie du Pape au Pérou. Il fut profondément marqué par le témoignage de foi des gens, toujours pleins d’espérance malgré les nombreuses difficultés. Cette rencontre avec les souffrances comme avec les joies du peuple l’a fait grandir sur le chemin à la suite de Jésus. Tout en l’annonçant, il était lui aussi transformé par l’Évangile et la vie de ces gens, matériellement très pauvres, mais riches dans la foi.

Le silence

La troisième question portait sur la reconnaissance de Dieu que l’on ne peut entendre que dans le silence. En des termes proches de ceux qu’avait prononcés Paul VI à Nazareth, Léon XIV rappelle que les voix du vacarme trompent nos désirs et ne nous nourrissent pas. Dans le silence, nous comprenons que les idéologies passent, tandis que la vérité demeure.

Le Pape souligne l’importance de la recherche de la vérité, car de nombreuses voix et de nombreuses informations sur les réseaux sociaux nous trompent et nous racontent des mensonges. Nous devons toujours rechercher la vérité, car Dieu est vérité. Si les voix entendues nous éloignent de Dieu, ce n’est pas la vérité. Dieu nous écoute et nous devons le prier toujours.

Accompagner les autres à découvrir la beauté de notre foi

Le Pape rappelle aussi, en réponse à la quatrième question, que pour accompagner les autres à découvrir la beauté de notre foi, nous devons nous rappeler que nous sommes des disciples et non des maîtres. Cela me fait penser à cette très belle phrase de Paul VI : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins. »

La vie du chrétien engagé

Les cinquième et sixième questions regardaient la vie du chrétien engagé. Le Pape commence par rappeler que le mariage est lui aussi une vocation et qu’il ne faut pas avoir peur du mariage et de fonder une famille. Et puis pour répondre plus précisément, le Pape rappelle la Lettre à Diognète, qui offre un bon conseil : « Les chrétiens sont au monde ce que l’âme est au corps. » Nous devons suivre l’exemple des Apôtres et de tous les disciples du Christ au cours des âges.

Que Marie nous aide à comprendre la très belle consigne donnée par le Pape : « les disciples de Jésus sont toujours contemporains, mais jamais prisonniers du temps qui passe. »

 

>> à lire également : Magnifica Humanitas ou l’Église face à l’IA

 

Un moine de Triors

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