Les ingrédients pour l’éducation d’un garçon

Publié le 20 Jan 2016
Les ingrédients pour l’éducation d’un garçon L'Homme Nouveau

Depuis plusieurs décennies, l’on entend dire que les garçons s’engagent difficilement. La distinction des rôles entre l’homme et la femme, leur complémentarité, sont nécessaires à la bonne harmonie et au bien commun de la société.

L’Église avait su faire du barbare bagarreur, prédateur, intempérant, coureur, violent, un chevalier courtois défenseur de la veuve et de l’orphelin et de l’artisan, un amoureux du travail bien fait. Cette opération ne s’est pas faite en un clin d’œil. L’idéal masculin, jamais complètement atteint, est le fruit d’une éducation : il faut cultiver la nature pour obtenir les meilleurs fruits possibles. Les ingrédients nécessaires, au fil du temps, pour permettre de développer toutes les qualités et les vertus, ne sont pas le fruit du hasard. C’est le rôle des parents et des éducateurs de connaître les facteurs qui permet­tent cela. Il ne s’agit pas d’abord de réussite scolaire, même si celle-ci est importante, mais de la capacité future du garçon à tenir son rôle dans la société : comme époux, comme père, comme chef… c’est-à-dire : un pilier, un socle sur lequel il est possible de s’appuyer.

Travaux pratiques

Il y a quelques années, lors d’un rassemblement d’été de jeunes catholiques, nous avions été frappés de constater, et d’entendre les jeunes filles se désoler du manque de capacité à l’engagement de la gente masculine. Nous leur avions parlé des différences homme-femme et avions expliqué les rôles différents et complémentaires. Quelques mois plus tard l’un d’entre eux, tenant fièrement une jeune fille par la main, nous a dit : « Regardez, nous avons fait ce que vous nous aviez dit ! ».

On ne naît pas homme, on le devient. Le premier ingrédient nécessaire, nous semble-t-il, c’est la compréhension de son rôle. Chez un homme tout passe par la tête, il a besoin de comprendre les choses. C’est le premier pas.

Un garçon d’une trentaine d’années, hésitant sur sa décision, m’appelle au téléphone à propos de ses fréquentations. Je lui demande s’il sait ce que c’est qu’aimer. Il ne répond rien. Je lui donne cette définition : « Aimer c’est consacrer toute son énergie au bien de l’autre ». Il me répond : « Ha, mais ça change tout ! ».

Comprendre son rôle futur est essentiel pour un garçon, il ne peut pas le découvrir seul, c’est la tâche de l’éducation. Il faut ensuite qu’il puisse l’expérimenter. C’est pourquoi il est indispensable qu’il puisse vivre des situations où le don de soi, la générosité, le dévouement sont possibles. Ce n’est que très rarement l’école qui le donne,?mais plu­tôt les camps de?jeu­nes,?le scoutisme… Il est?bon?d’ailleurs?que?les ani­mateurs veillent à ce que les filles toujours plus promptes ne relèguent pas inconsciemment les garçons aux rôles seconds. (L’avance de maturité des filles jusqu’à la fin de la grande adolescence est de deux à quatre ans). Dominé par les filles, le garçon peut réagir de deux manières : soit en s’effaçant, soit en jouant le « macho ». Dans les deux cas l’éducation échoue.

L’expérimentation de son rôle futur d’homme est une phase essentielle de l’éducation d’un garçon.

Se connaître

Le garçon a besoin de se confronter à ses pairs, sans la présence de filles. Les garçons se jaugent, s’interclassent et se rassurent. Deux mères de famille, avec plusieurs garçons entre 8 et 12 ans, et ne se connaissant pas sont invitées pour la journée. Toute la matinée et le début de l’après-midi se passent en dispute et en chipotage entre garçons. Puis l’interclassement fait, les mérites et faiblesses de chacun étant connus et reconnus implicitement, ils jouent ensemble et quand leur maman respective leur demande de dire au revoir, ils ne veulent plus se séparer.

L’éducation du jeune garçon doit le préparer à son rôle : lui expliquer la spécificité de sa fonction sociale de plus tard. Il faut lui montrer la noblesse de ces tâches qui demandent souvent abnégation et humilité. Il n’y a pas de garçon qui soit insensible à l’honneur.

Comprendre, expérimenter et en jouir ou être valorisé pour ce rôle voilà les premiers ingrédients dans l’éducation d’un garçon.

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