L’exposition : Paris 1874. Inventer l’Impressionnisme

Publié le 14 Juin 2024
monnet impressionnisme

Claude Monet (1840-1926), La Gare Saint-Lazare (1877). Huile sur toile. Paris, Musée d'Orsay, legs de Gustave Caillebotte, 1894. RF 2775. © RMN-Grand Palais (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.

Le musée d’Orsay célèbre les 150 ans de l’impressionnisme, mettant en opposition plus de 160 œuvres, entre impressionnisme et Salon officiel. Du 26 mars au 14 juillet 2024.

 

Au musée d’Orsay les 150 ans de l’Impressionnisme sont mis à l’honneur avec le désir de démythifier le regard contemporain sur cette période historique qui, selon les commissaires, est pleine d’idées reçues…

Ainsi on découvre que la première exposition « impressionniste » qui eut lieu dans les Salons du grand photographe Nadar (boulevard des Capucines) le 15 avril 1874, n’a reçu que 3500 visiteurs, ce qui est déjà un bon nombre compte-tenu que l’entrée était payante et que les artistes regroupés dans ce lieu n’étaient pas tous connus et provenaient de milieux très différents.

Par ailleurs, ils n’avaient pas de principe esthétique commun. En effet, sur les 31 artistes seuls sept d’entre eux ont eu dans leurs réalisations « un style impressionniste » (Monet, Renoir, Degas, Morisot, Pissarro, Sisley, Cézanne). Cependant ils étaient tous unis par la même « volonté d’exposer librement et de vendre leur travail ».

Comparée au Salon officiel qui reçut plus de 300 000 visites cela paraît certes dérisoire, et c’est une première présentation qui ne se renouvellera pas, la Société anonyme constituée par ces peintres et sculpteurs ayant fait faillite. Malgré tout, le nom d’impressionnisme est donné avec une certaine dérision par Louis Leroy, critique d’art. Il sera repris pour « la première et unique fois » par les artistes eux-mêmes exposant au printemps 1877 et se proclamant « impressionnistes ».

Une sélection d’œuvres présentées dans cette toute première exposition est proposée au regard avec par exemple la célèbre Repasseuse, si humaine, d’Edgar Degas (1834-1917). Non loin, ce sont des peintures ou sculptures du Salon officiel qui sont données à voir, travail brillant, conventionnel mais souvent sans âme. En revanche, on se demande pourquoi le fameux Impression, soleil levant de Claude Monet (1840-1926) est exposé en fin de parcours.

L’exposition, avec ses 160 œuvres, rappelle aussi le contexte dans lequel ce mouvement est né. La guerre de 1870 n’est pas loin ainsi que la période de la tragique Commune. Par ailleurs, l’industrialisation, le développement du chemin de fer et les transformations de Paris avec la construction de l’Opéra Garnier ou encore la percée des avenues par le Baron Haussmann, bousculent les artistes leur inspirant de nouveaux sujets.

Cette nouvelle approche de l’Impressionnisme, confrontant les créations du Salon officiel à celles des peintres impressionnistes est intéressante, donnant aux visiteurs l’occasion de découvrir ce qui se faisait à la même époque et avait beaucoup de succès.

Une façon originale d’aborder ce sujet et à nos yeux de juger !

 


Jusqu’au 14 juillet 2024. Billetterie.
Musée d’Orsay. Ouvert tous les jours de 9 h 30 à 18 h, le jeudi jusqu’à 21 h 45. Fermé le lundi.
Cette exposition est organisée par le musée d’Orsay et la National Gallery of Art de Washington où elle sera présentée du 8 septembre 2024 au 19 janvier 2025.

 

>> à lire également : Le diocèse de Bayonne sous surveillance

 

Céline Vicq

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